La salle du conseil de l’hôtel de ville de L’Ancienne-Lorette a affiché salle comble pour le retour de son «héros», qui vient de gagner une bataille judiciaire face à la Ville de Québec. Les citoyens ont chaudement applaudi Émile Loranger, qui n’avait pas siégé au conseil municipal depuis juillet alors qu’il fait face à une plainte pour harcèlement psychologique.

Émile Loranger accueilli «en héros»

La salle du conseil de l’hôtel de ville de L’Ancienne-Lorette a affiché salle comble pour le retour de son «héros», qui vient de gagner une bataille judiciaire face à la Ville de Québec. Les citoyens ont chaudement applaudi Émile Loranger, qui n’avait pas siégé au conseil municipal depuis juillet alors qu’il fait face à une plainte pour harcèlement psychologique.

Le maire de L’Ancienne-Lorette ne s’est pas fait prier pour commenter le jugement du juge Bernard Godbout, qui a condamné Québec à verser 14 millions $ à la ville en plus des frais judiciaires de quatre millions $, des intérêts, et 6,5 millions $ pour les années 2016 et 2017. On parle d’une somme totale d’environ 25 millions $. Somme qu’Émile Loranger promet de remettre en grande partie aux citoyens.

«Les citoyens ont payé cette somme-là. Je vise une baisse de taxe proche de 600 $, plus un chèque de 2500 $. Je pense que le montant va même être plus haut si on va chercher tout ce qu’on va avoir. Les intérêts qu’on va aller chercher, les citoyens les ont payés», a-t-il promis.

S’il est content d’avoir tenu bon face à la Ville de Québec et de la victoire, le maire Loranger calme également le jeu. «Je n’ai pas sauté en l’air, j’ai pris le temps d’absorber, puis là j’ai regardé ce qu’il reste à faire. Là, c’est beau, on parle de ce qu’on a gagné, tout le monde est content. […] Mais le plus important c’est de penser à l’avenir, il ne faut plus que ça se reproduise. […] Je me casse la tête pour savoir comment on va faire pour que ça n’arrive plus», a-t-il signifié.

Sûr de gagner en appel

Une heure avant le conseil extraordinaire de L’Ancienne-Lorette, le maire Labeaume a convoqué les médias pour annoncer le recours en appel du jugement. Une décision qui ne fait ni chaud ni froid à M. Loranger. 

«Un spécialiste m’a dit que c’est un peu ridicule d’aller en appel, ce jugement-là n’a aucune chance d’être défait. Il est blindé», a-t-il lancé. «Si j’ai pris sur mes épaules de dépenser 6,5 millions $, l’argent des contribuables dans une cause, c’est de l’argent pour L’Ancienne-Lorette comparativement à Québec qui a un budget d’un milliard, c’est parce que j’étais convaincu du bien-fondé de notre dossier. Qu’on aille en appel ou pas, ça ne change rien, le dossier est de même», a-t-il poursuivi.

M.Loranger regrette d’ailleurs l’obstination du maire de Québec. «Labeaume peut dire ce qu’il veut, je lui ai écrit pour éviter le procès et il est resté muet là-dessus», a-t-il mentionné.

Soutien de la population 

Les derniers mois pour Émile Loranger n’ont pas été faciles. Rappelons qu’il fait face à une plainte pour harcèlement psychologique d’une employée. Une enquête est en cours par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST). Le conseil de ville lui a également demandé de se tenir en retrait des affaires municipales le temps de l’enquête. Il doit toutefois revenir à chaque période de 90 jours pour éviter d’être destitué.

«Là, j’ai la conviction que j’ai été élu par 80 % de la population et j’ai encore l’appui de la grande majorité de la population», a réagi M. Loranger, qui pense rester jusqu’à la fin de son mandat.

«J’ai pensé sincèrement foutre le camp, mais les citoyens, tantôt, plusieurs m’ont dit : “Nous, on t’a fait confiance’’», a-t-il révélé.

Selon M. Loranger le jugement en faveur de L’Ancienne-Lorette n’est pas «l’aboutissement, c’est le début d’autre chose». «Il faut mettre un système de contrôle pour s’assurer que, les abus que Québec nous a imposés, ils pourront plus le faire», a-t-il souligné.

Jeudi soir, en plus de déposer le jugement de la Cour supérieure, les élus ont aussi adopté des résolutions pour demander à la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures d’assumer 55 % des prochains honoraires professionnels.

Le maire de L’Ancienne-Lorette a d’ailleurs envoyé une flèche au maire de Saint-Augustin. «Son conseil municipal l’a bloqué et là, il encaisse 20 millions $ plus les intérêts. […] Le maire de Saint-Augustin oublie qu’on va prendre une notion autre que le potentiel fiscal. Je comprends que son paquet fiscal va monter donc que sa facture va monter contrairement à la mienne, parce que je n’ai plus de développement. On ne changera pas ça», a-t-il fait valoir.

Sylvain Juneau avait tenté de mettre fin au litige en signant une entente individuelle avec Régis Labeaume. Celle-ci n’avait jamais été entérinée.

le maire Louranger a été chaudement accueilli par des dizaines de citoyens de l'Ancienne-Lorrette