Régis Labeaume et une partie de son équipe

Élections municipales: sur la ligne de départ

Le mot «respect» a été prononcé à plusieurs reprises par les chefs des trois principaux partis municipaux lors du lancement de la campagne électorale, vendredi, à Québec. Chacun promet de conserver un ton respectueux jusqu'au scrutin, le 5 novembre, et invite bien sûr ses adversaires à faire de même. Récit d'une première journée où les candidats à la mairie ont mis leur équipe et leurs idées de l'avant sans trop s'attaquer. Un morceau de robot pour tout le monde.
Régis Labeaume: la continuité
Le maire de Québec a été le seul à se présenter devant les médias avec des feuilles dans les mains. Dans une salle de l'hôtel Clarendon, avec vue sur l'hôtel de ville, il a lu un long texte pendant une vingtaine de minutes, entrecoupant son discours de courtes interventions de ses candidats.
Régis Labeaume a d'abord réitéré la nécessité pour lui d'obtenir un «mandat fort» afin que la région de Québec conserve son poids politique. «Aujourd'hui, j'ai besoin que les citoyens renouvellent leur confiance en notre équipe afin que nous conservions notre pouvoir de négociation auprès des décideurs politiques», a-t-il lancé. Mais encore : «La région a tout avantage à ce que ses décideurs locaux soient fortement appuyés pour bénéficier au maximum de l'attention des dirigeants politiques de l'Assemblée nationale et de la Chambre des communes.»
Le maire sortant a aussi égrené 11 sujets pour lesquels il entend déposer un plan chiffré au cours des prochaines semaines. Cela va de l'avenir financier de la Ville de Québec à la mise en valeur des parcs en passant par la famille et les aînés. 
M. Labeaume est revenu sur l'importance de doter la capitale d'un système de transport en commun structurant et de profiter des subventions disponibles pour ce faire. Mais pas question pour lui de décider d'ici le jour du vote du mode (bus, tramway ou autre) qu'il entend privilégier. Au mieux pourrait-il raccourcir le délai évoqué pour accoucher du plan final. «Quand je parle de deux ans, je me donne de la marge de manoeuvre, je joue un petit peu fessier parce que j'ai l'expérience de ces projets-là», a-t-il admis. 
Sur le respect, M. Labeaume a dit être «rendu là» dans sa vie politique. «Après 10 ans, c'est le ton que je veux donner à la campagne. On a le goût de ça nous autres.»
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Anne Guérette: la revanche
Anne Guérette et des candidats de Démocratie Québec
La chef de Démocratie Québec est la seule à commencer la campagne électorale avec une équipe incomplète. Elle a 13 candidats déclarés à ses côtés alors qu'elle a toujours comme objectif d'en présenter dans tous les districts, soit 21.
Anne Guérette ne croit pas que cela lui nuise, pas plus qu'aux futurs candidats. «On peut faire vite ou on peut faire bien», a-t-elle exposé, se disant prête à aller au bout du délai pour le dépôt de candidatures auprès du Directeur général des élections du Québec, le 6 octobre.
Selon la politicienne, il faut regarder la qualité du parti plutôt que le nombre de candidats. «On a des fondations solides. On a un super de beau programme, on l'a bâti ensemble, on n'est pas en train de l'improviser», a-t-elle insisté, fière de présenter le petit dépliant de forme carrée qui résume toutes les idées de Démocratie Québec et sera distribué largement au cours des prochaines semaines. 
Lors d'un point de presse tenu à son local de campagne dans Sillery, la chef de l'opposition a présenté le fil conducteur de son action : «On veut changer la façon dont les décisions vont se prendre à l'hôtel de ville de Québec. [...] On veut que la Ville de Québec soit un modèle en matière de démocratie municipale. On veut faire participer les gens sur le terrain.» 
Il sera néanmoins question de transport, bien sûr, mais aussi de finances, d'environnement, d'aménagement urbain et de patrimoine, entre autres. 
L'utilisation du mot respect par le maire sortant a fait sourciller la chef de l'opposition, qui le côtoie depuis 2007. «On connaît le personnage. Ça fait 10 ans qu'il décide tout seul. Ça fait 10 ans qu'il bouscule tout le monde. Nous, on est convaincus que s'il est réélu, ça va continuer», a-t-elle lancé, promettant de ramener elle-même le respect au conseil municipal si elle rafle la mairie. 
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Jean-François Gosselin: le nouveau venu
Jean-François Gosselin
Debout sur le parvis de l'hôtel de ville, Jean-François Gosselin a rapidement présenté son programme électoral, qui ne sera jamais disponible en version papier, mais distillé médiatiquement au fil des prochaines semaines.
La campagne de Québec 21 tournera autour de trois thèmes : le transport, l'accessibilité des services municipaux et le respect. Le chef a pris quelques minutes pour les résumer, passant plus de temps sur le premier qui lui tient particulièrement à coeur.
Partisan d'un troisième lien routier entre Québec et Lévis et d'un réinvestissement parcimonieux dans le réseau actuel du RTC, M. Gosselin veut forcer l'administration Labeaume à se mouiller sur le système de transport collectif en planification. 
«Ça serait bon que les citoyens puissent voter là-dessus. Qu'est-ce que ce sera son projet, combien ça va coûter, qu'est-ce que ça va comprendre? Il faudrait qu'il le dise avant le 5 novembre car les gens vont voter sur un enjeu important. [...] Un maire qui est en place depuis 10 ans ne peut pas arriver en campagne électorale et nous demander un chèque en blanc», a déclaré le leader de Québec 21.
M. Gosselin a insisté sur l'importance du porte-à-porte pour ses troupes : 10 à 25 heures par semaine doivent y être consacrées. «Dans le municipal, il ne faut pas se le cacher, il y a beaucoup de gens qui vont prendre une décision selon si elles ont rencontré la personne dans le porte-à-porte ou non. [...] Plus un candidat fait du porte-à-porte, plus il ou elle augmente ses chances de le remporter», croit-il. 
M. Gosselin a mentionné que certaines personnes lui reprochaient de «ne pas être assez méchant», mais il n'est pas prêt à céder là-dessus. «Je veux être le prochain maire de Québec et je serai respectueux même avec les gens qui ne sont pas d'accord avec moi parce que le débat doit toujours avoir sa place», a-t-il résumé.
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Les forces en présence
Équipe Labeaume
• Chef : Régis Labeaume
• Candidats : 20
• Slogan : Réussir notre ville ensemble
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Démocratie Québec
• Chef : Anne Guérette
• Candidats : 13 à ce jour
• Slogan : Prenons notre ville en main
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Québec 21
• Chef : Jean-François Gosselin
• Candidats : 21
• Slogan : Le choix du changement