La candidate du Parti libéral, Ihssane El Ghernati, se félicite d'avoir mené une campagne positive où elle est allée à la rencontre des citoyens.

El Ghernati a eu un flirt avec l'ADQ

La candidate libérale dans Louis-Hébert, Ihssane El Ghernati, a brièvement trompé le Parti libéral du Québec (PLQ) pour l'Action démocratique du Québec (ADQ) en 2007.
Entre son bénévolat pour Sam Hamad à l'élection de mars 2007 et le moment où elle a été embauchée au bureau du député en avril 2008, Mme El Ghernati a siégé pendant cinq mois sur l'exécutif du défunt parti de Mario Dumont de cette même circonscription.
D'anciens adéquistes qui l'ont côtoyée à cette époque n'hésitent pas à parler d'infiltration ou même d'espionnage de la part de celle qui a été le bras droit de Sam Hamad pendant neuf ans. Si elle admet son incartade de l'époque après avoir été confrontée à ce sujet par Le Soleil, la principale intéressée nie farouchement avoir été mandatée pour subtiliser des informations à une époque où l'ADQ avait le vent dans les voiles. 
Accès aux stratégies
C'est l'une des militantes adéquistes qui siégeait sur l'exécutif de Louis-Hébert qui a découvert par hasard le pot aux roses. La dame, qui ne souhaite pas être identifiée, raconte qu'une connaissance libérale également très impliquée dans les organisations bénévoles à Cap-Rouge lui a rapporté avoir vu Mme El Ghernati lors d'une activité de l'équipe de Sam Hamad en 2007 et ce, sachant que celle-ci s'était jointe à l'ADQ en septembre. Un procès-verbal daté du 23 de ce mois et consulté par Le Soleil fait foi de sa présence. 
«J'ai trouvé ça vraiment effrayant. Je me suis immédiatement dit qu'elle venait chercher des informations pour les transmettre à Sam Hamad. Elle avait accès à tout parce qu'aux réunions, on parlait de stratégies et de recrutement», relate cette personne qui a informé les autres membres de l'exécutif. 
Mais il s'est écoulé un certain temps avant que ceux-ci ne réagissent puisque ce n'est que le 23 février 2008 que la démission de Mme El Ghernati est communiquée aux membres. Celle-ci aurait décidé de quitter après avoir été confrontée par le président. 
«Abattre Sam Hamad»
Un autre membre de l'exécutif, qui préfère également demeurer anonyme, se rappelle avoir été «sous le choc» en apprenant la nouvelle de la double affiliation politique de la Marocaine d'origine. Comme sa collègue, il se souvient très bien des mots prononcés par Ihsanne El Ghernati lors de sa première présence à l'exécutif. «Il faut abattre Sam Hamad», aurait dit la protégée du député libéral. «Ça m'avait surpris, ce n'était pas dans notre esprit de travail», fait-il valoir. 
«C'est notre Watergate Louis-Hébert, on avait notre espion!» illustre l'homme qui dépeint Mme El Ghernati comme une «bénévole extraordinaire» qui voulait s'acquitter de nombreuses tâches. 
En rétrospective, il croit désormais que c'était pour mieux saboter le parti «ennemi» qu'elle avait joint l'ADQ. «On s'est fait avoir comme des enfants d'écoles», résume-t-il aujourd'hui. 
Lorsque questionnée lundi sur son expérience politique passée, Ihsanne El Ghernati a évoqué son travail auprès du député fédéral conservateur Luc Harvey en 2006, une information qui apparaît dans un communiqué du PLQ daté du 11 septembre 2011. Lorsque Le Soleil lui a demandé si elle s'était engagée auprès d'autres partis, la candidate libérale a admis avoir aidé l'ex-députée adéquiste de Charlesbourg, Catherine Morissette, «deux dimanches» parce que c'était une amie personnelle. Mais elle n'a pas mentionné son passage à l'ADQ dans Louis-Hébert. 
Sur la défensive
Confrontée, Mme El Gernati a finalement reconnu ses cinq mois d'implication, ajoutant qu'à l'époque elle n'a été que bénévole pour le député libéral pendant sa campagne de 2007 et que jamais elle n'a siégé sur l'exécutif du PLQ avant d'être embauchée en avril 2008. 
«Jamais de la vie j'ai parlé d'abattre Sam Hamad», a-t-elle par ailleurs nié. Selon elle, sa courte relation avec l'ADQ n'était pas incompatible avec celle de longue date du PLQ. «C'était deux partis fédéralistes», a souligné Ihsanne El Ghernati qui jure par ailleurs que ses patrons de l'époque, dont le député lui-même, étaient au courant de son flirt. Elle n'a cependant pas pu dire si c'était le cas de l'équipe actuelle. 
Mme El Ghernati a été choisie comme la candidate libérale après le désistement d'Éric Tétrault, qui avait de son côté eu des discussions pour se présenter avec la CAQ. Au parti de François Legault, l'aspirante caquiste, Geneviève Guilbault, a été membre du PLQ jusqu'en 2016 et a même travaillé dix ans plus tôt au bureau du ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis. 
Le candidat péquiste n'est pas en reste : Normand Beauregard a reconnu la semaine dernière avoir été membre de Québec solidaire jusqu'à quelques jours avant l'annonce de sa candidature officielle auprès du chef Jean-François Lisée.
Le scrutin aura lieu le 2 octobre.
Départ de Sam Hamad et Éric Tétrault: les citoyens «sont passés à autre chose», assure El Ghernati
Ihssane El Ghernati a promis de «porter la voix» de ses concitoyens concernant le prolongement de l'autoroute de la Capitale en direction de Saint-Augustin et d'assurer la fluidité des déplacements dans l'axe Duplessis-Félix-Leclerc.
Une semaine s'est écoulée depuis qu'Ihssane El Ghernati est devenue la candidate libérale dans Louis-Hébert et déjà, elle assure que les citoyens «sont passés à autre chose», et n'évoquent plus le départ précipité de son prédécesseur, Éric Tétrault, ou encore les raisons pour lesquelles l'ancien député Sam Hamad a quitté la vie politique. 
Mme El Ghernati présentait lundi matin ses engagements dans la circonscription où elle tentera de se faire élire lors de l'élection partielle du 2 octobre prochain. Elle tentera de remplacer son ancien patron qui a tiré un trait sur carrière à l'Assemblée nationale après avoir été écarté du Conseil des ministres en raison d'allégations de trafic d'influence.
Deuxième successeur
Elle est la deuxième à tenter de lui succéder alors que le candidat précédent, l'ex-président de Manufacturiers et exportateurs du Québec, Éric Tétrault, a brutalement mis fin à ses aspirations politiques en raison d'allégations de harcèlement et d'intimidation sur d'autres employés alors qu'il travaillait chez ArcelorMittal en 2014. 
Si celle qui a été le bras droit de Sam Hamad à son bureau de circonscription pendant près de 10 ans admet «qu'au début, oui», les citoyens de Louis-Hébert lui parlaient des deux hommes lorsqu'elle allait à leur rencontre, ces sujets de discussion ont vite été oubliés.
«C'est moi qui est là maintenant, on arrête de parler du passé. Le monde a compris que maintenant, il y a une élection à faire et que c'est moi qui est en face d'eux», a laissé tomber Ihssane El Ghernati, visiblement exaspérée par les questions incessantes des médias sur les controverses entourant son parti politique. 
Enjeu du transport
En revanche, elle affirme que la population de la circonscription où elle demeure est davantage préoccupée par les enjeux locaux, dont celui du transport qu'elle a placé en tête de liste de ses engagements. Elle a promis de «porter la voix» de ses concitoyens concernant le prolongement de l'autoroute de la Capitale en direction de Saint-Augustin et d'assurer la fluidité des déplacements dans l'axe Duplessis-Félix-Leclerc où il y a des développements commerciaux. 
Mme El Ghernati  promet de trouver une «solution durable» dans le dossier d'Anacolor, de soutenir le développement des entreprises dans le parc industriel de Saint-Augustin, de favoriser le soutien à domicile aux aînés, d'aider les organismes communautaires et culturels et, finalement, de moderniser les infrastructures des écoles du secteur.