L’exposé du promoteur Benoît Raymond n’a pas semblé convaincre les citoyens présents au conseil de quartier du Vieux-Limoilou, qui s’est tenu mercredi soir.

Église Saint-François-d'Assise: le projet de tour inquiète

Le projet de tour de 18 étages et 123 logements que prévoit ériger le promoteur Benoît Raymond sur le site de l’église Saint-François d’Assise inquiète les quelque 70 résidents qui sont venus s’exprimer mercredi soir devant le conseil de quartier du Vieux-Limoilou.

Densité humaine, gentrification, hausse de la circulation automobile et de la pollution, plusieurs aspects du projet ont soulevé des questions. La hauteur du bâtiment est toutefois l’un de ceux qui semblent déranger le plus.

Les citoyens n’ont pas été convaincus par l’exposé de M. Raymond, qui a présenté son projet baptisé Le Hedley pour rappeler la mémoire de William Hedley Anderson, l’un des plus importants propriétaires terriens de Limoilou au XIXe siècle.

«Je suis très étonnée qu’on arrive encore en 2018 avec des projets aussi massifs qui répètent toutes les erreurs faites sur la colline Parlementaire. Une tour comme celle-là, ça n’a pas sa place dans un quartier résidentiel», a amené Monique Lapointe, une résidente de la rue de la Normandie qui a été applaudie par la foule.

Paul Crête, membre du conseil de quartier, a aussi demandé au promoteur s’il était disposé à ramener son projet à cinq ou six étages, ce à quoi M. Raymond a répondu que tout était encore à l’étude.

«La hauteur est un enjeu. Où va-t-on arrêter? Ce n’est pas une petite dérogation que vous allez demander. Le programme particulier d’urbanisme permet cinq étages ici et vous voulez presque multiplier par quatre! J’ai un triplex, j’ai de la lumière, je n’en aurai plus s’il y a une tour», a pour sa part résumé Maxime Guérard, ex-président du conseil de quartier.

De son côté, Dominic Martin a affirmé qu’il trouvait le projet «génial, mais pas ici» alors que Christian Vinet, un résident de la rue Ozanam, s’est interrogé sur la pertinence de bâtir une tour avec des logements de 900$ à 1600$ dans un quartier populaire.

Jean Robitaille a quant à lui déclaré qu’il ne décolérait pas depuis une semaine. «C’est un projet qui n’a pas d’allure. Allez faire des Phare ailleurs!» a-t-il lancé en faisant référence au mégaprojet du Groupe Dallaire dans Sainte-Foy.

Simon Parent a indiqué que le projet était probablement né de la spéculation foncière générale à cause du Centre Vidéotron. «Et ce ne sera pas le dernier projet comme celui-là. Oui, on veut densifier, mais ce n’est pas la manière de le faire», a résumé celui qui détient une formation en architecture.

Troisième concept

Benoît Raymond a précisé que ce concept était le troisième qu’il présentait, les deux premiers ayant été rejetés par le comité d’urbanisme de la Ville de Québec. 

Il a aussi tenu à rassurer les citoyens au sujet de l’ensoleillement et du vent. «L’édifice qui sera le plus pénalisé en terme de perte d’ensoleillement est l’hôpital et il n’y aura aucun impact sur le vent au niveau piéton», a-t-il expliqué.

Les deux premiers étages du projet, dont le promoteur évalue le temps de construction à entre 12 et 14 mois, seront consacrés à de l’occupation commerciale et formeront une base avec un toit végétal accessible aux résidents des 16 autres étages, qui seront consacrés à l’occupation résidentielle. 

Le promoteur promet également 119 espaces de stationnement et une œuvre d’art public, érigée suite à un concours en collaboration avec le Cégep Limoilou, devant l’immeuble sur la 1re Avenue.