Une muraille de blocs de béton isole désormais l’église Saint-Cœur-de-Marie.

Église saint-Cœur-de-Marie: des entraves sur Grande Allée qui inquiètent

La Ville de Québec doit agir rapidement pour régler le dossier de l’église Saint-Cœur-de-Marie sur Grande Allée et mettre fin aux entraves qui bloquent la principale artère touristique de Québec, soutient le conseiller Jean Rousseau.

L’élu de Démocratie Québec dans Cap-aux-Diamants a fait cette demande en marge du conseil municipal tenu mardi. Depuis jeudi, la Grande Allée est fermée à la circulation entre la rue de Claire-Fontaine et Cours du Général-Montcalm à la suite d’une décision de la Cour supérieure. Selon un rapport d’expert déposé devant le tribunal, le bâtiment serait fragile au point que des morceaux du parement pourraient se détacher.

«Vous avez vu les blocs de béton et les murs de six pieds. Ça ne pourra pas rester là tout l’été. Je demande à la Ville ses intentions», a réclamé M. Rousseau.

Ce périmètre de sécurité a été érigé à la suite d’une demande du propriétaire de l’église désaffectée, Louis Lessard. Il exige la démolition du bâtiment aux frais de la Ville parce qu’il tient celle-ci responsable d’un dégât d’eau survenu l’hiver dernier. L’alimentation en eau aurait été rétablie par erreur et la glace formée au sous-sol aurait fragilisé la structure. Il soutient aussi, selon un rapport d’expert, que le clocher risque de s’effondrer.

«Les pompiers ont dit que la structure ne semble pas dangereuse, sinon ça aurait amené l’évacuation de bâtiments autour, nuance le conseiller Rousseau. Mais le parement pourrait tomber», dit-il encore.

Une saga

L’église est l’objet depuis dix ans d’une querelle judiciaire entre son propriétaire et la Ville. M. Lessard accuse l’administration municipale de l’empêcher de construire une tour à condo. De son côté, la Ville souhaite préserver ce bâtiment. Elle a même entrepris des démarches d’expropriation.

Selon Jean Rousseau, il est temps d’agir avant qu’il soit trop tard. «On a un an par rapport au bâtiment avant qu’il ne tombe en ruine. L’église donne un cachet. Je suis de ceux qui croient que ce monument fait partie de la Grande Allée et qu’il faut l’intégrer», explique le conseiller, insistant pour que l’administration Labeaume mette fin à cette saga. 

«Honnêtement, au moment où on se parle, on ne sait pas ce qui va arriver. Ce dossier est judiciarisé. On souhaite que la situation se résorbe le plus rapidement possible», a simplement commenté le conseiller Rémy Normand, lorsqu’il a été interrogé à ce sujet.

Les parties doivent revenir devant la Cour à la fin juin pour la suite du dossier.