Un «directeur artistique» a fait des recherches pour trouver des teintes «Nouvelle-­France» approuvées par la suite par le ministère de la Culture.

Église Notre-Dame-des-Victoires: des ouvriers méditatifs collés au plafond! [VIDÉO]

Il n’y a plus un banc, les vitraux sont recouverts de toiles de plastique et une structure métallique a été érigée à l’intérieur jusqu’au plafond. La vénérable église Notre-Dame-des-Victoires de la place Royale serait-elle abandonnée?

Mardi, Le Soleil a visité le bâtiment patrimonial dédié au culte depuis sa construction en 1688 sur les ruines des deux habitations du fondateur de Québec, Samuel de Champlain. Et il fallait chausser des bottes à embout d’acier ainsi qu’un casque pour circuler en toute sécurité.

Pas que le plafond risque de nous tomber sur la tête! Plutôt parce que l’intérieur, qui avait grand besoin d’être restauré, est en chantier.

Ça fait déjà un mois que l’équipe du contremaître Mathieu Gagnon est à l’œuvre. Ils espèrent avoir plâtré, réparé, peint, l’ensemble d’ici fin avril, peut-être fin mai. À temps pour la haute saison des mariages, des baptêmes et des touristes.

Une structure d’échafaudages occupe donc tout l’espace disponible dans l’église érigée durant le règne de monseigneur François de Laval. Après avoir franchi un escalier, puis grimpé les barreaux d’une échelle, nous nous trouvions au sommet, à quelques centimètres du plafond. C’est là que l’architecte Jean Dallaire a attiré notre attention sur les détails des boiseries et moulures… qu’il faut repeindre avec de très petits pinceaux puisque l’ouvrage a plusieurs couleurs.

Voilà déjà un mois que l’équipe de restauration du contremaître Mathieu Gagnon est à l’œuvre à l’église Notre-Dame-des-Victoires.

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D’ailleurs, un des ouvriers vient d’investir trois semaines à temps plein sur le seul mur du fond où se trouve le maître-autel. Un peu de doré, un peu de gris, un peu de blanc… Il lui en reste encore pour au moins trois semaines avant de finir ce seul ouvrage méditatif!

Pas question d’utiliser n’importe quelles couleurs à la mode, prévient cependant notre guide, le directeur général de la paroisse Notre-Dame-de-Québec, Gilles Gignac. Un «directeur artistique» a fait des recherches pour trouver des teintes «Nouvelle-France». Puis il a soumis sa palette au ministère de la Culture pour approbation.

Il faut dire que l’église est «classée» par les deux paliers de gouvernement. Le ministère de la Culture du Québec écrit notamment : «L’église de Notre-Dame-des-­Victoires présente […] un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Par ailleurs, la série de fresques exécutées en 1888 par le peintre décorateur Jean-Marie Tardivel témoigne de la popularité des décors picturaux à la fin du XIXe siècle.»

Voilà pourquoi ces fresques ne seront pas retouchées, explique Gilles Gignac. Il serait bien trop long et onéreux de les faire repeindre par des experts. 

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Une structure d’échafaudages occupe tout l’espace disponible dans l’église.