Le plus haut édifice en bois du monde, pour le moment, se trouve à Londres dans le district de Hackney. Il est l'oeuvre de la firme Waugh Thistleton.

Écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres: bientôt le feu vert pour la tour de bois

La plus haute tour en bois au monde, prévue dans l'écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres, pourrait avoir le feu vert de la Régie du bâtiment du Québec d'ici quelques semaines. Avant même d'être construite, la tour fait des petits. Le consortium derrière l'édifice a déjà pour plus de 15 millions $ de contrats de construction inspirés de la future figure emblématique en bois de Saint-Roch, a appris Le Soleil.
Après avoir analysé quelques hauteurs potentielles, le consortium NEB joue finalement le tout pour le tout : la structure aurait 12 étages - plutôt que 10 - et la hauteur finale serait de 38,6 mètres. Les plans soumis à la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) - s'ils sont acceptés - en feront donc bel et bien l'édifice en bois le plus haut au monde, devant l'édifice Murray Grove de 34 mètres à Londres en Angleterre.
Les tractations avec la RBQ ne sont toutefois pas de tout repos. «C'est un processus qui est très exhaustif. On ne peut pas tourner les coins ronds lorsqu'il est question de sécurité», explique au Soleil le porte-parole du consortium, Frédéric Verreault, de Chantiers Chibougamau. «C'est une nouvelle application d'un édifice en bois massif. Ça commande la prudence, avec laquelle on n'a aucun inconfort.»
Évoqué pour la première fois en novembre 2013, le projet de tour de 80 condos entièrement en bois devrait connaître un dénouement sous peu. «Il faut un niveau de rigueur, de précision et de prudence qui est exceptionnel. Parce qu'on réalise une première», rappelle Frédéric Verreault. «Mais on espère arriver au fil d'arrivée prochainement, que ce soit dans quelques jours ou quelques semaines.»
Un fil d'arrivée qui risque d'être payant. Et pas seulement pour l'écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres, en manque d'un premier édifice après des années de planification. La tour en bois aux abords de la rivière Saint-Charles ne sera que le premier jalon d'une nouvelle série de constructions hautes en bois massif, dévoile Frédéric Verreault. «Dès que nous aurons le go pour ce projet, nous avons déjà pour au moins 15 millions $ en contrats d'autres projets s'inspirant de cette manière de construire. Dès le lendemain du OK de la RBQ, on peut enclencher tous ces projets.»
Édifice phare
La tour de 12 étages à la frontière de Saint-Roch et de Limoilou deviendrait alors le phare des constructions de plusieurs étages en bois. Les autres projets de constructions sont envisagés un peu partout en province, pas seulement dans la capitale.
Les condos de la capitale, eux, verront le jour dans un délai raisonnable, promet le consortium. «Notre usine a une capacité de production qui est la plus importante, et de loin, en Amérique du Nord. Cette capacité est loin d'être complètement sollicitée», soutient Frédéric Verreault. «Dès qu'on a un go, on est prêts.»
Marché immobilier
Le groupe ne semble pas effrayé par ailleurs par le ralentissement du marché immobilier à Québec. «Ça ne fait aucunement partie de notre réflexion», dit le porte-parole. «Parce que sera un immeuble unique et distinctif.» La Société en commandite NEB, derrière la tour en bois, regroupe Nordic Structures Bois, EBC et Gestion Yvan Blouin. Nordic Structure Bois a déjà laissé sa marque en bois massif dans la capitale, notamment avec le Super PEPS et le stade de soccer Chauveau.
Une entente de gré à gré a déjà été conclue entre NEB et la Ville de Québec pour l'achat d'un terrain de 2000 mètres carrés au coût de 1,3 million $ dans l'écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres.
Les logements sociaux toujours dans les plans
En attendant l'emblématique tour en bois, le projet de 60 logements sociaux à l'écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres est toujours sur les rails. Le début des travaux n'a pas eu lieu ce printemps comme prévu, mais l'édifice de six étages verra le jour bientôt.
«C'est du concret. Les unités sont octroyées. Les dessins sont faits. Le terrain est alloué, il est décontaminé», assure la conseillère municipale de Saint-Sauveur-Saint-Roch, Chantal Gilbert. «La première pelletée de terre réelle va se faire. Si ce n'est pas cet automne, c'est au printemps. Mais tous les plans sont là. Il n'y a plus d'obstacles», ajoute la responsable du logement social au sein du comité exécutif.
L'immeuble de 60 logements sociaux sera entièrement financé par des fonds publics de la Ville de Québec et de la Société d'habitation du Québec. L'édifice sera collé à l'ancienne usine de production de produits nettoyants JCV de «M. Savon». La Ville a acquis récemment l'usine. «Bientôt, M. Savon va être démoli et décontaminé», précise Chantal Gilbert. «Mais ça n'empêche pas les travaux du logement social.»
Des unités de logement et des résidences sont également prévues sur d'autres lots de la Pointe-aux-Lièvres pour le programme d'accès à la propriété, promis par le maire Régis Labeaume lors de la dernière campagne électorale. Les détails de ce programme ne sont toutefois pas encore connus.