Écoles et villes invitées à partager leurs plateaux sportifs

Les villes et les écoles doivent partager davantage leurs locaux et leurs plateaux sportifs, ont plaidé le maire de Québec Régis Labeaume et le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx, à l'inauguration du complexe sportif de l'école secondaire De Rochebelle.
«Lorsqu'on investit dans une infrastructure publique, [il faut] s'assurer qu'elle soit partagée par le plus de gens possible, parce qu'à la fin, c'est le même contribuable qui aura payé», a soutenu M. Proulx. «Tout le monde a besoin d'infrastructures, mais au lieu de payer chacun de notre côté, comme ça se fait depuis des décennies [...] maintenant, on coinvestit», a réitéré M. Labeaume. 
Le nouveau complexe sportif de 15 millions $ a été érigé dans un pavillon rattaché à l'école De Rochebelle, à Sainte-Foy. Il comprend un gymnase double, une palestre de gymnastique, une salle de musculation, trois classes, des vestiaires et des bureaux. Le ministère de l'Éducation a payé la moitié de la facture, la commission scolaire des Découvreurs et la Ville de Québec se sont partagé le reste à parts égales. 
Le projet a pris neuf ans à se concrétiser. Il était temps, pour l'école secondaire De Rochebelle, qui accueille 1500 élèves et qui devait parfois donner des cours d'éducation physique à l'extérieur et refuser certaines inscriptions à des équipes sportives, faute d'espace. 
La Ville de Québec aura quant à elle accès à des blocs d'heures dans le centre sportif, notamment pour le club de gymnastique Québec Performance, qui aura droit à cinq fois plus d'espace qu'auparavant et accès à des équipements à la fine pointe. Les inscriptions des jeunes gymnastes chez Québec Performance ont d'ailleurs doublé ces dernières années. 
Une autre palestre pour la gymnastique sera inaugurée à l'Arpidrome de Charlesbourg au cours des prochaines semaines, ce qui complètera l'offre de la Ville de Québec. M. Labeaume avait constaté la vétusté des installations avant de devenir maire, lorsque sa fille suivait des cours de gymnastique. «On avait deux cocons, et là, on aura deux magnifiques palestres», s'est-il réjoui.
Écoles ouvertes
Le maire Labeaume a d'ailleurs soutenu lors de l'annonce que les écoles devaient être au centre des communautés et ouvertes à la population. C'est pourquoi il compte s'associer de plus en plus avec les commissions scolaires pour offrir des services. Selon lui, l'ancienne philosophie à la Ville de Québec, comme quoi il fallait être propriétaire des immeubles, a changé. «La majorité de nos projets en loisirs, communautaire et sports, on fait le maximum pour le coller sur une institution», a-t-il lancé. 
Le ministre Proulx était tout à fait d'accord avec cette vision de l'«école du futur», qui doit être un pôle structurant dans un quartier. «C'est un peu comme ça que les choses évoluent déjà, mais on peut faire davantage», a-t-il avancé. 
M. Proulx indique toutefois qu'au Québec, «il y a des endroits où la collaboration est plus difficile» entre les municipalités et les commissions scolaires. Selon lui, il faut «dénouer ce noeud-là» et se défaire «de cette mentalité dépassée» où chacun tient absolument à être propriétaire de ses infrastructures. «Elles sont à nous tous, on les a tous payés ensemble et on devrait être fiers de se les partager.»