En puisant de l’eau traitée à plusieurs bornes-fontaines, les camions parcourent de courtes distances pour effectuer le nettoyage de chaque arrondissement, ce qui réduit considérablement le temps d’opération, souligne encore la porte-parole de la Ville.

Eau potable pour nettoyer les rues: pas le choix, dit la Ville de Québec

Bien qu’elle se veuille aqua-responsable, la Ville de Québec continue de nettoyer ses rues avec de l’eau potable, estimant ne pas être en mesure de faire autrement.

En 2010, un rapport de Roche recommandait à la Ville de Québec de cesser d’utiliser l’eau de l’aqueduc pour nettoyer ses rues et de privilégier plutôt l’eau de pluie recueillie sur les toits ou en amont des prises d’eau. Il y a deux ans, Le Devoir rapportait que la Ville nettoyait toujours ses rues et ses trottoirs à l’eau potable, mais qu’elle était disposée à revoir ses pratiques, pour autant qu’on dissipe ses inquiétudes sur la légionellose. 

Le directeur de la qualité de l’eau, François Proulx, expliquait au quotidien que la Ville avait commencé à récolter de l’eau brute dans un puits de Val-Bélair et à récupérer de l’eau de pluie sur les toits de différents immeubles du centre-ville, mais que cette récolte avait cessé lors de l’éclosion de la légionellose à l’été 2012 (dont la source se trouvait finalement dans une tour de refroidissement du quartier Saint-Roch). M. Proulx se montrait frileux à l’idée de voir la Ville de Québec imiter la Ville de Trois-Rivières, qui utilise depuis 2014 de l’eau de pluie pour nettoyer ses rues et qui n’a connu jusqu’ici aucun problème de légionellose lié à ce procédé.

Il n’a pas été possible de parler cette semaine avec le responsable de la qualité de l’eau à la Ville de Québec. C’est plutôt le service des communications qui a répondu, par écrit, à nos questions et qui nous a confirmé que la Ville, qui procède actuellement au nettoyage printanier de ses rues, utilisait toujours de l’eau traitée puisée à plusieurs bornes-fontaines réparties sur l’ensemble de son territoire. 

Selon la porte-parole Wendy Whittom, l’utilisation de l’eau brute pour nettoyer les rues n’aurait pas été «concluante». «L’eau non traitée peut être sale et chargée de matières. De plus, l’approvisionnement de l’eau à une source unique ne permettrait pas de nettoyer les rues de tous les arrondissements. Un tel nettoyage pour toute la ville se déroulerait sur plusieurs mois», explique Mme Whittom. 

En puisant de l’eau traitée à plusieurs bornes-fontaines, les camions parcourent de courtes distances pour effectuer le nettoyage de chaque arrondissement, ce qui réduit considérablement le temps d’opération, souligne encore la porte-parole de la Ville. 

Quant à la possibilité d’utiliser l’eau de pluie pour nettoyer les rues, Mme Whittom mentionne que la Ville a déjà fait un test ciblé d’eau de pluie récupérée notamment du toit d’un bâtiment municipal. «L’eau récupérée s’est avérée chargée de débris provenant du toit, et s’est rapidement détériorée une fois recueillie (développement d’algues, entre autres). Cette eau n’a pu être utilisée dans les équipements», explique-t-elle, précisant que l’eau de pluie ne peut être utilisée sans être traitée. 

«Pour la traiter avant de la mettre dans les camions, il faudrait installer des équipements pour capter l’eau sur les différents bâtiments municipaux, puis pour la transporter à une usine pour la faire traiter. Ce système existe déjà pour traiter l’eau puisée des cours d’eau. Il n’y a pas de gain économique ou environnemental à installer de nouvelles infrastructures pour l’eau de pluie, en plus de l’eau des cours d’eau», détaille Wendy Whittom.

La Ville ignore la quantité d’eau traitée qu’elle utilise pour nettoyer les rues. Selon sa porte-parole, l’eau utilisée pour les usages municipaux (incendies, rinçage du réseau d’aqueduc, remplissage de piscines publiques et nettoyage des rues) représenterait seulement 1,25% de l’eau traitée distribuée annuellement. «Le nettoyage des rues représente une infime partie du 1,25 %», souligne-t-elle. 

Pour la Ville de Québec, donc, l’utilisation de l’eau traitée demeure à ce jour «la solution privilégiée pour nettoyer les rues adéquatement».