Selon les résidents Mathieu Charland, Patrick Navennec et Nelson Harvey, la Ville de Québec est responsable de la contamination de leur puits au sel déglaçant.

Eau contaminée: les citoyens rencontreront la Ville

Des résidents de la rue du Jade dans le secteur Val-Bélair, qui se battent en vain depuis plus de trois ans pour prouver que la Ville de Québec est responsable de la contamination de leur puits au sel déglaçant, ont obtenu une rencontre avec la Ville.

La conseillère responsable de l’environnement, Suzanne Verreault, a demandé aux citoyens concernés de la rencontrer pour faire le point sur ce dossier dont Le Soleil faisait état il y a deux semaines

En 2015, cinq propriétaires ont réalisé à la fonte des neiges que l’eau de leur puits goûtait le sel. L’appel à une firme d’experts en hydrogéologie et en environnement a décelé une présence de sel largement supérieure aux normes fixées. 

Une analyse comparative démontre que le sel contenu dans les puits et celui épandu ont les mêmes propriétés et impuretés. Selon eux, c’est une preuve que la Ville est responsable de la contamination.

Plus encore, du plomb a été retrouvé dans au moins un puits pendant une période donnée. Le rapport d’experts concluait que «la présence de plomb dépassant le critère de potabilité avait possiblement un lien avec la forte présence de chlorure et de sodium dans l’eau souterraine.» En fait, le sel corrodait le plomb des conduits. Le plomb est finalement disparu.

Pour régler le problème de présence de sel et celui, épisodique, de plomb, la Ville leur a offert de se connecter au réseau d’aqueduc, en partie à leurs frais. Une facture qui oscille entre 30 000 $ et plus de 40 000 $. 

«C’est une injustice. Ce n’est pas un choix. Nous ne sommes pas responsables de la contamination», lance Mathieu Charland, qui a acheté sa résidence l’année avant la découverte du problème. 

C’est que la Ville n’accueille aucune responsabilité dans ce dossier. À l’inverse, elle prétend que l’étanchéité des puits fait défaut après avoir effectué ses propres tests. La validité des tests est contestée par les citoyens. 

Pourtant, la Ville a déjà accepté un règlement à l’amiable la journée précédant une audience prévue devant la Cour des petites créances. Trois propriétaires poursuivaient la Ville pour une somme de 14 000 $ pour bris à la propriété, en lien avec la corrosion accélérée de la tuyauterie de leur résidence due à la présence de sel. Chacun a reçu 7500 $, 5000 $ de la Ville et 2500 $ du contracteur, en vertu des règles de responsabilité partagée contenues dans les contrats que la Ville signe avec ses fournisseurs.

Malgré tout, ces derniers se retrouvent aujourd’hui dans une situation où ils n’ont d’autre choix que de payer la facture, sans intervention politique. «On n’a pas les moyens de se défendre devant la Cour», lance M. Charland. Ce qu’ils refusent de payer pour se connecter au réseau, ils devront le débourser en frais d’avocats.

Le conseiller de leur district, Raymond Dion, a déposé lundi au conseil municipal un avis de proposition demandant à la Ville de connecter gratuitement les citoyens. Pour l’heure, elle reste lettre morte, étant donné que la conseillère Verreault les rencontrera.