Parmi les artefacts devant être déménagés à Gatineau figure la collection provenant du site archéologique fédéral de Forts-et-Châteaux-Saint-Louis, situé sous la terrasse Dufferin.

Duclos tentera de préserver les artefacts à Québec

Devant le tollé suscité à Québec par la perspective de voir les collections d'artefacts de Parcs Canada quitter la capitale nationale pour servir un projet de 45 millions $ à Gatineau, le ministre Jean-Yves Duclos s'est dit prêt à tenter de préserver les millions d'objets historiques dans leur milieu naturel.
Le Soleil révélait jeudi matin que le gouvernement canadien allait de l'avant avec son projet de rassembler les collections d'artefacts de cinq villes au pays, dont celle de Québec, dans un seul et même lieu et qu'à cette fin il érigerait d'ici 2019 un tout nouveau bâtiment de la Couronne à Gatineau. 
La nouvelle a immédiatement fait bondir à la fois la mairie, le gouvernement québécois et l'opposition conservatrice à Ottawa, qui ont réclamé l'intervention du député de Québec et ministre de la Famille Jean-Yves Duclos et de sa collègue à l'Environnement responsable de Parcs Canada, Catherine McKenna. 
Les opposants au projet allèguent qu'Ottawa a pris sa décision sans tenir compte du caractère historique de la Ville de Québec, de l'importance d'y conserver ses joyaux patrimoniaux et du projet de mégacentre d'expertise en archéologie qui doit y voir le jour. Celui-ci a été conçu pour accueillir des collections comme celle des quelque cinq millions d'objets de l'agence canadienne présentement entreposés dans des bâtiments de l'avenue Newton et de Beauport. 
Jeudi après-midi, le bureau du ministre Duclos a laissé savoir que celui-ci était en communication avec Mme McKenna. «Il lui a d'ailleurs parlé aujourd'hui afin de voir comment nous pourrions préserver de manière sécuritaire les artefacts à Québec», a écrit dans un courriel l'attaché de presse de M. Duclos, Mathieu Filion.
La ministre de l'Environnement a pour sa part été moins loquace, se contentant de se dire «à l'écoute» et «prête à travailler» avec les divers intervenants dans le dossier «afin [qu'ils s'assurent] que le public et toutes les parties intéressées soient en mesure d'accéder en temps opportun aux artefacts, que ce soit pour des raisons liées à de la recherche, des cérémonies et de l'enseignement.»
Forte opposition 
Plus tôt en journée, le maire Régis Labeaume et la vice-présidente du conseil exécutif, Julie Lemieux, avaient tous deux dénoncé la décision d'Ottawa, «prise par des administrateurs qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez», et qui «éloigne les artefacts du berceau de l'Amérique française». Ils réclament au gouvernement canadien une partie de l'enveloppe de 45 millions $ pour garder les collections dans la ville. 
Le ministre de la Culture du Québec, Luc Fortin, s'est dit «très préoccupé de la situation» et a promis qu'il discuterait du dossier avec la ministre McKenna la semaine prochaine. De son côté, la députée du Parti québécois dans Taschereau, Agnès Maltais, a déposé une motion conjointement avec la Coalition avenir Québec et Québec solidaire pour exiger que l'Assemblée nationale dénonce le déménagement des artefacts et demande au gouvernement canadien d'y renoncer. 
À Ottawa, le député conservateur de Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell, s'est joint au groupe d'opposants au projet pour réclamer à M. Duclos d'intervenir, et ce, même si c'est son parti qui a initié le projet en 2012. «On a maintenant une solution de rechange qui est rentable pour tout le monde», a-t-il argué.