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Du plomb dans l'eau des écoles de Québec
Du plomb dans l'eau des écoles de Québec
Le plomb risque de se retrouver dans la tuyauterie d’avant les années 1980.
Le plomb risque de se retrouver dans la tuyauterie d’avant les années 1980.

Quel risque pour la santé?

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
Les Québécois sont de moins en moins assaillis par le plomb : peinture, jouets et essence n’en contiennent plus. Mais il en reste encore dans l’alimentation, les poussières, les vieux stores de vinyle. Dans la tuyauterie d’avant les années 1980 aussi. Le combat n’est donc pas terminé.

«Avec le plomb, il y a toujours un risque», observe Isabelle Goupil-Sormany, médecin-conseil à la Direction de santé publique de la Capitale-Nationale. «Les scientifiques ne sont pas capables de dire qu’à un seuil il n’y a pas d’effets à la santé. Pour les métaux en général, il n’y a pas de valeur sécuritaire.»

Le plomb est jugé particulièrement néfaste pour les plus jeunes, du fœtus à l’école primaire, vers 6 à 8 ans. Parce que leurs corps en développement absorbent une plus grande proportion du contaminant que les adultes. Donc, ils en accumulent plus. «Le plomb, ça ne s’élimine pas. Une fois qu’on l’a absorbé, on l’a toute sa vie.»

«Certaines recherches ont démontré que le plomb, même à de petites concentrations, peut avoir des effets nocifs pour l’être humain», relève la firme EnvironeX dans des rapports produits pour la Commission scolaire de la capitale. Parmi la population la plus sensible, notons les jeunes enfants […]. L’exposition au plomb, même à de faibles concentrations, peut entraîner des effets néfastes sur le comportement, l’ouïe ou le développement intellectuel des enfants.»

Voilà pourquoi le gouvernement fédéral demande de resserrer les normes. Et juge «prioritaire» la surveillance de l’eau des écoles et garderies. «Les directrices de Santé Canada visent toujours à protéger les Canadiens les plus vulnérables [y compris les enfants des écoles primaires]», nous écrit Marie-Pier Burelle, agente de relations avec les médias.

Sources

Sauf qu’il est difficile de déterminer avec exactitude d’où vient le plomb dans un établissement où le taux dépasserait les normes. «La présence du plomb peut varier d’un robinet à l’autre», fait valoir Annie Ouellet, agente d’information aux relations médias du CIUSSS de la Capitale-Nationale. «Le plomb peut se retrouver à différents endroits : dans une soudure du robinet, dans une pièce du robinet ou de l’abreuvoir, dans un tuyau, dans le réseau de canalisation, dans une entrée de service, etc. Par conséquent, un résultat à un robinet donné n’est pas représentatif de l’ensemble des robinets d’un établissement.» Cela veut aussi dire qu’il est possible que le remplacement d’une seule fontaine impure puisse régler le problème. Ou pas. 

Jean-François Duchesne, conseiller en santé environnementale à la Direction de santé publique de la Capitale-Nationale, souligne que le plomb peut également se trouver dans l’eau de maisons bâties il y a quelques décennies. Si cela vous inquiète, faites un test, propose-t-il.

La Dre Goupil-Sormany ajoute qu’il est toujours bon de faire circuler l’eau bue dans la tuyauterie au moins cinq minutes, à la maison comme à l’école ou au travail. Et de ne jamais cuisiner avec l’eau chaude du robinet.