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Du plomb dans l'eau des écoles de Québec
Du plomb dans l'eau des écoles de Québec
Les enfants sont les plus vulnérables au plomb, métal réputé pouvoir diminuer le quotient intellectuel de quelques points.
Les enfants sont les plus vulnérables au plomb, métal réputé pouvoir diminuer le quotient intellectuel de quelques points.

Inquiet du manque de surveillance

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
Dans un rapport remis au gouvernement en début d’année, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) s’est inquiété du manque de surveillance du plomb dans l’eau des écoles et garderies. Et du risque de diminution du quotient intellectuel des enfants exposés.

Quand Le Devoir a rendu public l’avis scientifique en juillet, François Legault s’est dit «préoccupé». «C’est zéro tolérance», avait lancé le premier ministre.

Depuis, le scientifique qui a piloté la recherche à l’INSPQ attend. Pas d’appel pour lui. Pas de demandes d’explications, pas de questions sur ses recommandations, dit-il.

Au téléphone : Patrick Levallois, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive, responsable du Groupe scientifique sur l’eau de l’INSPQ. «Depuis qu’on a remis notre rapport, on n’a rien eu, [pas] de suivi du ministère.»

Les travaux de son équipe avaient permis de constater que le Québec dispose de bien peu de données sur la qualité de l’eau bue par les petits dans les garderies et les écoles. Et que ces données parcellaires laissaient parfois entrevoir des dépassements du seuil acceptable de plomb.

Dans la capitale, par exemple, des chiffres tirés d’une pile de documents — reçus pêle-mêle par Le Soleil en vertu de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics — ont révélé des concentrations de plomb préoccupantes. De 4 à 72 fois au-dessus de la norme la plus récente fixée par Santé Canada.

Pas de panique

Il ne faut pas paniquer, avertit M. Levallois. Mais il y a parfois des «pics» de plomb et il faut être en mesure de les détecter. Notamment parce que les enfants sont les plus vulnérables au plomb, métal réputé pouvoir diminuer le quotient intellectuel de quelques points.

«Il n’y a pas de niveau reconnu sans effet. […] Le plomb est reconnu comme un neurotoxique et, particulièrement, est capable d’affecter le développement de l’enfant, tout ce qui est capacité d’apprentissage, etc.»

Par précaution, il faut donc éliminer les sources de plomb. Voilà pourquoi le Dr Levallois conseille, comme Santé Canada, d’accroître la surveillance. L’État pourrait, dans un premier temps, lancer des projets pilotes afin de déterminer la fréquence des tests à faire et le type d’interventions correctrices les plus efficaces.