Retour sur l´annee 2018 du SPVQ avec Robert Pigeon.

Drogue et crimes sexuels au coeur du bilan du SPVQ

Le directeur Robert Pigeon a dressé le bilan des opérations et des événements qui ont marqué le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) au cours de la dernière année, vendredi. Drogue, crimes sexuels et autres dossiers ont été abordés en conférence de presse.

Drogue 

La légalisation du cannabis aura certainement marqué l’année 2018 de façon générale.

Malgré ce changement important, aucune arrestation liée à la conduite avec les facultés affaiblies par le cannabis n’est à signaler sur les routes du territoire de la ville de Québec depuis le 17 octobre dernier. 

Pour la même période, 58 arrestations ont été réalisées relativement à l’ivresse au volant et 13 en ce qui concerne les facultés affaiblies par la drogue.

Questionné sur l’achat éventuel de nouveaux appareils pour détecter le cannabis au volant, le directeur du SPVQ assure que ce n’est pas dans les plans pour l’instant.

Même si les appareils actuels ne sont «pas du tout» compacts, M. Pigeon explique qu’il attend qu’un modèle plus perfectionné soit mis sur le marché ce qui n’est pas le cas présentement.

L’autre problématique de l’équipement réside au niveau de la chaleur et du calibrage. «C’est un autre défi» lorsqu’il est recommandé que l’appareil soit utilisé à une température constante et qu’il est sorti lorsqu’il fait -30, ajoute le directeur.

Ceci dit, «dès qu’on a quelque chose qui va nous satisfaire pleinement, on va procéder à l’acquisition», ajoute Robert Pigeon qui garantit que si du financement ne peut être obtenu, l’achat se fera «avec le gros bon sens».

Selon M. Pigeon, la légalisation du cannabis n’a eu aucun impact au sein du SPVQ. À ce sujet, il affirme avoir reçu de nombreux commentaires positifs de parents sur la position adoptée par la direction d’interdire la consommation aux policiers.

«Avoir dit le contraire, ça aurait pu inspirer des jeunes à dire : “Même la police trouve que c’est correct”. Plusieurs parents m’ont contacté pour me dire : “Bravo, c’est une bonne position”», dit-il.

Robert Pigeon constate toutefois que le phénomène entourant les drogues dures ne semble pas disparaître. Après avoir connu 12 surdoses mortelles sur son territoire l’an dernier, le SPVQ en déplore 17 jusqu’ici en 2018.

Parmi ces cas, aucune n’aurait été causée par le fentanyl, selon les rapports toxicologiques. Également, 10 vies ont pu être sauvées grâce à des administrations de naloxone.

Comité de révision 

«On voit beaucoup que les gens ont besoin d’être rassurés, les victimes ont besoin d’avoir confiance», explique Robert Pigeon. Celui-ci a confirmé la mise en place d’un comité de révision des plaintes en matière d’agressions sexuelles, dès janvier.

En octobre, Le Soleil révélait que ce comité inclurait notamment l’organisme Viol-Secours et le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) et un membre du Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes (CRI-VIFF) seront également autour de la table.

La REMAS, révision des enquêtes en matière d’agression sexuelle, s’inspire de ce qui se fait déjà à Philadelphie. D’ailleurs, ce modèle est partagé avec la Sûreté du Québec.

Le directeur du SPVQ explique que la table se réunira quelques fois par année et donnera l’opportunité à des personnes qui voudraient voir leur dossier d’enquête révisé, si celui-ci n’a pas débouché sur une mise en accusation.

Pour le directeur, avoir les partenaires autour d’une même table permet de revoir les éléments sous plusieurs angles et d’obtenir l’opinion de tout le monde. L’avantage d’avoir un chercheur au sein du comité, «c’est d’évoluer, de se repositionner et de se requestionner sur nos façons de faire pour toujours tenter d’être meilleur». La proportion des plaintes non fondées est passée de 18 % en 2017 à 14 % pour l’année courante. Cette diminution est notamment attribuable à une meilleure classification.

En date du 5 décembre, le SPVQ avait traité 429 dossiers d’enquête en matière d’agression sexuelle, alors que 535 avaient été traités en 2017 dans la foulée du mouvement #MeToo, «un phénomène qui semble se résorber», dit M. Pigeon.

Négociations 

Les négociations pour le renouvellement de la convention collective entre la Ville de Québec et la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec vont bon train, selon le directeur du SPVQ. 

Robert Pigeon affirme qu’«à date, tous les signaux sont positifs.» 

La présente entente de travail vient à échéance le 31 décembre prochain. Les discussions jugées «cordiales» ont débuté au mois d’octobre. 

«Plusieurs points avancent dans les négociations», ajoute le directeur. «On débute à peine, mais on est sur de très bonnes bases présentement».

+

L'ANNÉE POLICIÈRE EN BREF

  • 2 meurtres
  • 7 tentatives de meurtre
  • 2 attaques contre des policiers
  • 7 collisions mortelles
  • 13 arrestations liées au proxénétisme

En date du 14 décembre