Le promoteur Gilbert Investissements voulait faire bâtir 200 unités résidentielles dans trois édifices, près des terrains des citoyens de la rue du Boisé-de-Sillery.

Domaines de Sillery: un autre projet devant les tribunaux

Après le projet Woodfield, un autre développement immobilier de Sillery se retrouve devant les tribunaux. Les voisins du Domaine Saint-Dominique veulent annuler un règlement «illégal» que la Ville de Québec a adopté en «outrepassant ses pouvoirs».
Le Domaine Saint-Dominique, aux frontières de Sillery, est situé sur le boulevard René-Lévesque, près de l'avenue Belvédère. Le terrain et les bâtiments du domaine, dont le CHSLD privé, ont été vendus en 2010 au promoteur Gilbert Investissement par les Soeurs dominicaines de la Trinité.
L'été dernier, les projets de l'entreprise ont fait bondir les voisins de la rue du Boisé-de-Sillery, artère privée où s'alignent des maisons de ville en copropriété.
Le promoteur souhaite bâtir 200 unités résidentielles dans trois édifices en hauteur. Deux édifices de huit étages seraient érigés entre le CHSLD existant et les bureaux du diocèse de Québec, à l'ouest. Mais c'est le troisième bâtiment de deux à quatre étages qui dérange les copropriétaires de la rue du Boisé, puisqu'il se retrouverait à 11 mètres des limites de leur terrain et non loin de leur piscine publique.
Ces citoyens en ont surtout contre l'adoption en vitesse du règlement municipal permettant au promoteur d'aller de l'avant avec son projet résidentiel.
Les copropriétaires de la rue du Boisé ont, dans un premier temps, fait plier l'administration Labeaume, qui avait accepté de retirer le projet de règlement et de le reporter à l'automne.
«On va le revoir de nouveau, on écoute les gens. Mais écouter les gens, ça ne veut pas dire écouter tous les groupuscules. Il y a des gens qui sont toujours contre tout», avait déclaré en juillet le maire Régis Labeaume, alors questionné par le Journal de Québec.
À la fin août, le conseil municipal est revenu à la charge et a adopté un règlement autorisant la réalisation du projet Saint-Dominique. Le règlement - entré en vigueur depuis - invoque des exceptions prévues à la Charte de la Ville de Québec pour éviter que le projet fasse l'objet d'un référendum citoyen.
Or, les copropriétaires de la rue du Boisé estiment que la Ville a «outrepassé» ses pouvoirs législatifs en «dénaturant» la procédure exceptionnelle.
Règlement illégal
Selon eux, le règlement municipal est également «illégal», puisqu'il aurait dû être adopté par le conseil d'arrondissement avant d'être soumis au conseil municipal.
À la Ville, on se refuse à tout commentaire en raison du processus judiciaire. Il a été impossible de joindre le promoteur Patrick Gilbert, lundi.
Ce recours judiciaire s'ajoute à celui du boisé Woodfield, qui s'inscrit, contrairement au Domaine Saint-Dominique, dans les limites de l'arrondissement historique de Sillery. Dans ce cas, le projet de Bilodeau immobilier est contesté devant les tribunaux par les propriétaires des immeubles Jardins de Coulonge. Ceux-ci veulent invalider la décision du ministre de la Culture, Maka Kotto, de construire des condos dans le boisé voisin du cimetière Saint-Patrick.