L'eau contaminée de la rivière Beauport, mardi

Déversement dans la rivière Beauport: le pollueur recherché

La source du déversement de produit pétrolier qui a contaminé la rivière Beauport sur deux kilomètres a été localisée dans le parc industriel de Beauport. La Ville de Québec cherche maintenant le pollueur.

Le produit pétrolier est parti d’un égout pluvial dans le parc industriel de Beauport et a ruisselé dans un tuyau qui débouche dans la rivière Beauport près de la bibliothèque Étienne-Parent, a confirmé mercredi la Sécurité civile de la Ville de Québec. 

«Des techniciens en environnement de la Ville vont essayer de faire une tournée des entreprises pour trouver le délinquant», dit Bill Noonan, porte-parole de la Sécurité civile. 

Joint par Le Soleil, Pierre Dolbec, président de la Corporation des parcs industriels de Québec, a promis d’agir promptement pour éclaircir ce déversement. «Je ne laisserais pas ça mort, c’est sûr», dit-il. 

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Trois ou quatre par année

Le déversement de mardi est «majeur», estime le directeur du Conseil de bassin de la rivière Beauport, Mathieu Denis. En sept ans, «je n’avais jamais vu ça à ce point-là», dit-il. 

M. Denis affirme que les employés du Conseil, qui s’occupent de l’entretien des sentiers qui longent la rivière Beauport, sont habituellement témoins d’environ trois ou quatre déversements chaque année, entre le printemps et la fin de l’automne. Il pourrait aussi y en avoir l’hiver, croit-il, mais impossible de les voir. 

La plupart du temps, il s’agit de déversements d’hydrocarbures, estime Mathieu Denis. Les analyses menées par les pompiers mardi ont indiqué que le produit qui a pollué la rivière Beauport est un dérivé du pétrole. Mais la substance précise n’est pas encore connue.

Le Conseil de bassin de la rivière Beauport soupçonne depuis un moment que les déversements proviennent du parc industriel de Beauport. «Mais c’est difficile de savoir qui exactement est le coupable. Et puis, est-ce qu’il s’agit d’un accident ou d’un déversement volontaire? Ce n’est pas évident», note M. Denis. Toutefois, si le déversement est accidentel, le responsable est tenu d’alerter les autorités, ce qui n’a pas été fait. 

Le déversement a été constaté mardi après-midi. Vers 14h30, une citoyenne a constaté que l’eau de la rivière était blanchâtre et a alerté les services d’urgence. Les pompiers du Service de protection contre l’incendie de la Ville de Québec sont intervenus sur la rivière afin de limiter les dégâts du déversement. 

Ils ont installé une dizaine de «boudins absorbants» sur la rivière. Ceux-ci permettent d’absorber les hydrocarbures et de laisser passer l’eau. Les boudins ont été retirés mercredi. 

Mais avant que ce dispositif soit installé par les pompiers, mardi, la substance pétrolière coulait déjà dans la rivière qui se jette dans le fleuve Saint-Laurent. 

L’équipe d’Urgence Environnement, du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, a assisté la Sécurité civile de la Ville de Québec pour limiter les dégâts. 

Si le pollueur est retrouvé, il s’expose à une amende très sévère, indique M. Noonan, de la Sécurité civile.

Mathieu Denis