Une perquisition a eu lieu à l'hôtel de ville de Saint-Augustin-de-Desmaures, mardi.

Deux plaintes de harcèlement contre la Ville de Saint-Augustin

Le climat malsain qui règne à l'hôtel de ville de Saint-Augustin s'envenime. Le Soleil a appris que deux employés se sont plaints de harcèlement psychologique auprès de la Commission des normes du travail (CNT). De plus, le syndicat des cols bleus a déposé des griefs pour contester le congédiement de trois de ses membres au cours des dernières semaines.
«Nous avons deux dossiers actifs qui concernent du harcèlement psychologique contre la Ville de Saint-Augustin, a confirmé Jean-François Pelchat, porte-parole de la commission. Le premier dossier est actuellement en processus d'enquête afin que la Commission détermine si la plainte est jugée recevable ou non en vertu des dispositions prévues à la Loi sur les normes du travail. Pour ce qui est du deuxième, nous sommes au tout début du traitement du dossier, le processus d'enquête n'ayant pas débuté.»
M. Pelchat explique que l'employeur est toujours visé dans ce type de plainte. C'est lui qui a la responsabilité de fournir un milieu exempt de harcèlement psychologique comme stipulé dans la Loi sur les normes du travail. «Si le présumé harceleur est un collègue ou un supérieur, ce sera l'employeur qui sera visé par la plainte.»
Le porte-parole confirme aussi qu'il s'agit de plaintes émanant de deux plaignants distincts. Toutefois, la loi lui interdit de dévoiler leur identité.
La Ville traverse une période de tourmente intense. En janvier, on apprenait que le conseil municipal congédiait sa greffière, Me Caroline Nadeau. Il l'accuse de manque de loyauté pour avoir présumément fourni des informations qui ont conduit un ancien cadre, Jean-Claude Desroches, a soulevé publiquement des doutes sur de possibles gestes de malversation concernant l'octroi d'un contrat à la firme Génio.
Me Nadeau conteste son congédiement devant la Commission des relations de travail. À la suite d'une plainte, une équipe de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) s'est rendue à l'hôtel de ville pour savoir si l'avocate n'aurait pas plutôt subi des représailles pour avoir possiblement collaboré à l'enquête amorcée.
Le congédiement de Me Nadeau a créé une suite de départs au service juridique. L'aide-greffière et l'avocate de la municipalité ont démissionné en février, puis la secrétaire et la technicienne juridique sont toutes deux parties en congé de maladie.
Il faut aussi ajouter le départ en congé de maladie au début février de Sara Boivin, directrice des ressources humaines.
Congédiements chez les cols bleus
Par ailleurs, Le Soleil a aussi appris que le syndicat des cols bleus a déposé des griefs pour contester le congédiement de trois employés seulement au cours du dernier mois. Le représentant des travailleurs n'a pas voulu commenter la situation.
Déjà, en février, on pouvait sentir la crainte chez les employés. Le représentant des cols blancs, Michel O'Dowd, se demandait si les départs de la greffière adjointe et de l'avocate étaient libres et volontaires.
Il a été impossible, jeudi, de recueillir les commentaires de la municipalité concernant les plaintes déposées.