D’ici 2019, le fabricant belge Van Hool doit livrer 64 véhicules au RTC. L’investissement approchera les 60 millions $.

Deux fois plus de midibus que prévu

Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) a doublé sa commande de midibus avant d’en avoir reçu un seul. En tout, 64 petits autobus hybrides seront déployés sur des parcours peu achalandés en plus du centre-ville au cours des deux prochaines années.

La décision a été prise au conseil d’administration du mois de juin sans attirer l’attention des journalistes. Le Soleil s’en est rendu compte lors de l’étude du budget et des investissements 2018-2020 du RTC, plus tôt cette semaine.

La première commande de midibus a été bouclée en mars 2016, après un appel d’offres public. Le fabricant belge Van Hool, dont les installations en Belgique ont été visitées par les maires de Québec et de Lévis, était le seul soumissionnaire et a donc remporté la mise. 

Il était alors question d’acheter 24 midibus pour 21 millions $, l’équivalent d’un prix unitaire de 875 000 $. L’option pour huit véhicules supplémentaires a vite été exercée, portant le total non loin des 30 millions $ prévus au règlement d’emprunt. 

Un prototype devait être testé dans les rues de Québec en 2017, mais les procédures d’importation ont pris plus de temps qu’espéré. Si bien que le premier véhicule doit être livré au début de 2018. À la fin de l’année, il y en aura 24. Les 40 autres suivront en 2019. Une trentaine de millions $ supplémentaires sont réservés pour absorber l’ensemble de la facture. 

Les nouveaux midibus permettront de «s’adapter à la réalité du réseau, à la configuration et à la demande sur certains parcours», plaide le président du RTC, Rémy Normand. 

«Maintenant, avec nos outils technologiques, on connaît de plus en plus précisément nos données d’achalandage. On est capables de paramétrer nos parcours et on sait qu’il y en a certains qu’on va pouvoir opérer en midibus», ajoute le conseiller municipal responsable de la mobilité. 

La stratégie d’acquisition du RTC, détaillée en comité plénier, va d’ailleurs dans le sens d’adapter la taille des véhicules à la réalité sur le terrain. La société de transport lorgne aussi des bus à deux étages pour offrir davantage de places assises sur les parcours express. 

Les midibus ont été destinés spontanément aux quartiers centraux en raison de l’étroitesse des rues et de la densité immobilière. Les moteurs hybrides permettent en effet de réduire le bruit et la pollution atmosphérique liés au passage des bus. Par exemple, il est déjà acquis que les usagers du parcours muséo-touristique numéro 11, né des cendres du parcours 21 autrefois desservi par les défunts Écolobus, pourront voyager en midibus. 

9 mètres, 20 places assises

Les considérations d’achalandage pavent également la voie au déploiement de petits bus sur les parcours moins populaires ou éloignés. Mais M. Normand refuse de les positionner pour le moment. «On ne veut pas tout de suite dire à quel endroit, de façon très précise, où ils vont être», a-t-il répété à plusieurs reprises lors d’une entrevue téléphonique au Soleil

Les midibus, fréquemment utilisés en Europe mais rares au Canada, se distinguent par leur taille. Ils mesurent neuf mètres (30 pieds) et comptent une vingtaine de places assises. Ils se retrouvent ainsi à mi-chemin entre le minibus et l’autobus standard. 

Les midibus seront entretenus et garés dans les mêmes garages que les autobus standards du RTC. Les Écolobus auxquels ils succèdent, qui ont connu leur lot de problèmes mécaniques, nécessitaient des quartiers séparés. La formation des ingénieurs et des mécaniciens débutera avec la livraison prochaine du premier A330 de Van Hool. Doté d’un moteur hybride Siemens, le véhicule promet des économies d’essence d’au moins 25 % par rapport au tout diesel. 

À noter que le RTC assume seulement 15 % de la facture des midibus. Le reste est séparé à parts égales entre les gouvernements fédéral et provincial, par le biais notamment du Fonds fédéral de la taxe sur l’essence.