Deux blessés toujours dans un état critique

Deux victimes de l'attentat de dimanche reposent toujours dans un état critique à l'hôpital de l'Enfant-Jésus, mais l'équipe médicale s'attend à leur survie, selon le dernier bilan des blessés dressé mardi matin par le CHU de Québec.
En mêlée de presse, le responsable du département de traumatologie de l'Enfant-Jésus, le Dr Julien Clément, a indiqué qu'un des cinq blessés graves admis au centre hospitalier avait reçu son congé lundi, et que l'évolution était «tout à fait favorable» pour deux autres patients. Dans leur cas, «il n'y a pas d'autres interventions planifiées, et ils devraient obtenir leur congé rapidement», a précisé le chirurgien.
Les deux autres patients reposent toujours aux soins intensifs dans un état critique, mais les médecins estiment qu'ils sont hors de danger. Au moment du point de presse, l'un d'eux était en salle d'opération «pour une réexploration abdominale», l'autre devant y aller plus tard en journée, a indiqué le Dr Clément.
«On s'attend à une survie [dans les deux cas], mais il est trop tôt pour le pronostic à long terme, c'est-à-dire pour les déficits [ou séquelles] à long terme. [...] C'est sûr qu'ils en ont pour quelques semaines de réhabilitation», a poursuivi le médecin, évoquant des balles retrouvées dans l'abdomen de même que dans les membres inférieurs et supérieurs des patients. 
Selon le Dr Clément, les patients, en hémorragie massive, étaient inconscients à leur arrivée à l'hôpital. «L'hémorragie a été arrêtée, mais afin de pouvoir prendre le contrôle, on les garde en coma prolongé», c'est-à-dire induit par la médication, a précisé le chirurgien.
«C'est sûr que ce sont des patients qui demeurent dans un état critique et qui peuvent avoir d'autres complications. Ce qui peut aider, c'est qu'ils ont été pris en charge rapidement et qu'ils sont relativement jeunes [trentaine et quarantaine]», a fait valoir le Dr Clément.
Services psychosociaux
Par ailleurs, l'équipe psychosociale du CIUSSS de la Capitale-Nationale a intensifié ses interventions auprès des membres de la communauté musulmane touchés de près ou de loin par les événements, a indiqué l'adjointe aux services psychosociaux du CIUSSS, Josée Martel. Les interventions ont lieu sur le terrain, notamment au domicile des victimes et des témoins du drame, mais aussi à l'hôpital de l'Enfant-Jésus et au centre d'assistance ouvert lundi matin à l'hôpital Jeffery Hale. 
«C'est sûr que les besoins relèvent plus de la gestion de deuil et de la gestion des événements, de comment on va vivre avec certains éléments post-traumatiques», a mentionné Mme Martel.
La responsable des services psychosociaux du CIUSSS a par ailleurs rappelé l'existence de la ligne 8-1-1, où des travailleurs sociaux sont en mesure de répondre aux questions, de faire de l'intervention de crise et de référer les gens vers les bons professionnels. Selon elle, le volume d'appels aurait augmenté de 10 % au cours de l'après-midi de lundi.
«Nous avons aussi des intervenants pour soutenir les milieux scolaires, pour les interventions que les professeurs auront à faire avec les enfants», a précisé Josée Martel, ajoutant que des intervenants avaient également été mis à la disposition des enfants touchés directement par les événements.
«On travaille en amont et on adapte nos services en fonction de la communauté musulmane. On fait aussi beaucoup d'intervention préventive téléphonique», a ajouté Mme Martel.