«Comment expliquer qu'on nous refile une hausse de 12 % de notre quote-part? Deux millions de dollars de plus pour le même niveau de service, on a de la misère à comprendre ça», a déclaré le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures, Marcel Corriveau.

Deux autres départs au service juridique de Saint-Augustin

Le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures, Marcel Corriveau, est «choqué et déçu» de la désertion au sein du Service des affaires juridiques de la Ville.
Tout a commencé avec le congédiement, le 20 janvier, de la greffière de la Ville, Caroline Nadeau.
«Ça a été mal accepté par la greffière adjointe [Danielle Tremblay] et dès qu'elle a connu la décision, elle nous a dit que probablement elle démissionnerait. Elle est partie en vacances après ça une semaine avec la jeune avocate [Sandra Stéphanie Clavet]. Elles sont allées en croisière. Elles ont pris leurs vacances et en revenant, elles ont annoncé toutes les deux qu'elles quittaient», a relaté le maire Marcel Corriveau. Mme Tremblay était employée de la Ville depuis 2011, alors que Mme Clavet terminait un contrat dans un mois.
Le départ des deux employées est un geste «de solidarité», estime le maire, qui dit n'avoir absolument rien à leur reprocher.
Les deux démissionnaires ont fait parvenir une lettre expliquant les motifs de leur départ aux élus municipaux et au directeur général. À entendre Danielle Tremblay, que Le Soleil a jointe mardi à son domicile, la liste est plus longue que le simple geste «de solidarité» dont parle le maire.
«J'ai donné des explications qui sont pas mal plus que ce que j'ai entendu aujourd'hui» de la part de M. Corriveau, indique l'ex-greffière adjointe maintenant à la recherche d'un emploi. «Si ce qu'il a retenu des motifs est ce qu'il a déclaré aujourd'hui [mardi], c'est extrêmement décevant», lance-t-elle.
Elle a d'ailleurs exprimé sa déception au principal concerné. Elle déplore aussi que le maire ait choisi de commenter le dossier publiquement, contrairement à ce qu'ils avaient convenu, selon Mme Tremblay. Cette dernière a cependant refusé d'aller plus loin et d'expliquer ce qui l'a poussée à la démission.
De son côté, Caroline Nadeau a décidé de contester son congédiement devant la Commission des relations du travail. Sa cause doit être entendue en mars.
Marcel Corriveau n'a pas voulu revenir sur les raisons de son congédiement. Il se limite à dire qu'elle n'a pas été en mesure de répondre à certaines questions sur son travail au retour d'un congé de maladie à la fin de 2013. Après trois avis écrits, cela a été considéré «comme de l'insubordination», selon le maire. «Cela ne met pas en cause sa compétence professionnelle, a-t-il ajouté. C'est autre chose. C'est une question d'attitude et de collaboration.»
Il ne reste maintenant dans le service qu'une secrétaire, une technicienne juridique et deux stagiaires. Le service juridique d'une Ville s'occupe entre autres de rédiger les règlements et les avis publics, de préparer les séances du conseil et de dresser les procès-verbaux des délibérations, de gérer les archives et l'accès à l'information en plus de conseiller l'administration sur des litiges ou des questions juridiques.
«Le fonctionnement de la Ville n'est pas en danger. Il n'y a pas de problème. Les gens qui restent en place dans l'administration vont être en mesure de tenir le fort en attendant qu'on comble les deux postes qu'on veut combler», soit celui de greffier et d'avocat. Les appels de candidature seront lancés «rapidement».
En attendant, le directeur général de la Ville, Jean-Pierre Roy, qui est aussi avocat, assurera l'intérim comme greffier.
Et si la situation l'exige, le maire n'exclut pas la possibilité d'engager des ressources externes à forfait comme cela se fait déjà dans certains dossiers.
«Ça ne m'inquiète pas trop. Ça me désole, ça me choque, ça me déçoit, mais je comprends qu'il y avait de la solidarité entre ces personnes-là. Et je respecte ça aussi.»
Avec Pierre-Olivier Fortin