Même si la dizaine de wagons identifiés Wisconsin Central sont stationnés dans Limoilou depuis presque deux ans, ni Transports Canada ni la Ville de Québec n’ont reçu de plainte à ce sujet.

Deux ans de rouille au cœur de Limoilou

Des wagons rouillés sont stationnés depuis bientôt deux ans sur la voie ferrée du CN près du chemin de la Canardière, dans Limoilou.

Le Soleil a écrit sur ces quelques dizaines de wagons identifiés Wisconsin Central en août 2016. Ils étaient alors immobilisés depuis plusieurs semaines sur le viaduc surplombant le chemin de la Canardière. Ils ont été tassés de quelques mètres depuis.

Nous avons demandé au CN pourquoi les wagons sont toujours là et ce que le transporteur compte en faire, des citoyens s’inquiétant toujours pour la sécurité et déplorant le triste tableau s’offrant aux passants. 

Jonathan Abecassis, directeur des relations avec les médias, nous a d’abord dit qu’«il n’y avait pas de demande pour ces wagons», qu’ils étaient «en attente» et que leur entreposage était «conforme à tous les règlements en place». «Ils sont tout simplement stationnés là, tout comme quelqu’un stationnerait sa voiture devant son entrée de garage», a-t-il donné comme exemple. 

Après vérification, M. Abecassis a ajouté que «les wagons sont utilisés, pas tous en même temps, mais sont utilisés quand même fréquemment pour les besoins de nos clients dans le secteur». Selon lui, une vingtaine d’entre eux ont bougé pas plus tard que la semaine dernière. «Donc il y a un certain mouvement.»

Le porte-parole a assuré que les wagons subissaient «une batterie de tests» avant de reprendre la route afin de s’assurer qu’ils sont sécuritaires. 

De son côté, Transports Canada n’a reçu aucune plainte. Annie Joanette, conseillère principale en communications, a indiqué que la cour de triage de Limoilou a été inspectée lundi «pour s’assurer que l’exploitation ferroviaire est conforme à la réglementation». «Aucune non-conformité n’a été décelée», a-t-elle précisé. 

Rien n’empêche de laisser des wagons sur une voie ferrée pendant une longue période, à condition que les règles d’immobilisation des trains, resserrées après le drame de Lac-Mégantic, soient suivies. L’article 112 détaille notamment le nombre de freins à main devant être appliqués. 

«Les compagnies de chemin de fer sont responsables de la sécurité de leur infrastructure, de leur matériel et de leurs activités ferroviaires. Elles y veillent entre autres au moyen de programmes d’inspection continus, de mise à l’essai et d’entretien conformément aux exigences réglementaires, ainsi qu’en tenant compte de toute condition environnementale et d’exploitation particulière», a résumé Mme Joanette. 

Pas de plainte à la Ville

La Ville de Québec n’a pas reçu de plainte non plus. L’arrondissement La Cité-Limoilou n’est pas intervenu auprès du CN pour que les wagons déménagent, a indiqué Marjorie Potvin, conseillère en communications. 

Raymond Poirier, président du conseil de quartier du Vieux-Limoilou, a pour sa part confirmé que les wagons «suscitent des interrogations» dans le voisinage et que les membres de son conseil sont «sensibles à l’impact qu’ils peuvent avoir sur le paysage». 

Si les structures rouillées doivent absolument demeurer sur place, M. Poirier offre au CN de s’engager dans un projet d’embellissement qui viserait les wagons et les abords de la voie ferrée qui borde le quartier. «On serait réceptifs à ce type de proposition là», dit le représentant des citoyens.