Quoique l’essentiel des recherches aura lieu à l’intérieur de la grange du domaine de Maizerets, les archéologues creuseront aussi autour des bâtisses en quête de vestiges de l’occupation du site par les Iroquoiens autour de 1430.

Déterrer la préhistoire au Domaine de Maizerets

La Ville de Québec entame des fouilles archéologiques d’une ampleur certaine sous la grange du domaine de Maizerets qui devraient permettre de déterrer des artéfacts remontant au début du XVe siècle, avant le débarquement des Européens, durant la préhistoire.

«Le chantier […] devrait commencer aux alentours du 23 juillet», nous annonce une conseillère en communication, Audrey Perreault. «Ce chantier d’envergure se tiendra à l’intérieur de la grange de bois, dans le bâtiment adjacent à la grange de pierre.»

Quoique l’essentiel des recherches aura lieu à l’intérieur, les archéologues creuseront aussi autour des bâtisses en quête de vestiges de l’occupation du site par les Iroquoiens autour de 1430. Les experts de la Ville sont optimistes puisqu’ils ont déjà de bons indices de la présence des Premières Nations sur ces terres. Notamment des pièces trouvées durant des sondages effectués au cours des années 1980.

Fragments paléohistoriques

Audrey Perreault donne des détails : «Quelques éléments témoignent déjà de la fréquentation du site à l’époque paléohistorique : des vestiges de piquets de bois plantés sur la batture ancienne du fleuve (160 ont été découverts lors de l’intervention réalisée dans le Château Maizerets en 1987); la présence de matériel lithique (constitué de pierre) est également un indice fort de la présence amérindienne; un fragment de céramique amérindienne (rebord de vase iroquoien avec décor) fut recueilli dans le périmètre de la grange de pierre.»

Dans le site Web municipal, il est d’ailleurs souligné que l’emplacement du parc urbain du Domaine de Maizerets était tout à fait propice à l’installation des Premières Nations. Il était directement au bord du fleuve — avant le remplissage pour construire une autoroute! — et à l’embouchure de la rivière Saint-Charles ainsi que d’un ruisseau. «En plus d’offrir une vue imprenable sur le fleuve Saint-Laurent, l’emplacement était très favorable à la chasse et à la pêche.»

Le contrat de plus de 450 000 $ octroyé au seul soumissionnaire, la firme Ethnoscop, souligne d’ailleurs que les archéologues devront «s’assurer de vérifier la présence d’éléments associés à la préhistoire et les documenter».

«Le terme paléohistoire ou préhistoire réfère à l’occupation du site avant l’arrivée des Européens, en 1534-1535 [Jacques Cartier] et donc avant la fondation de Québec en 1608», ajoute Audrey Perreault. «La période entre 1534 et 1608 est perçue comme en étant une d’échanges entre les communautés européennes et différentes nations amérindiennes.»

«Les fouilles de cet été sont donc susceptibles d’ajouter des données qui permettront d’en apprendre davantage sur ces occupations», précise-t-elle.

L’optimisme est de mise parce que le sous-sol de la grande grange de Maizerets serait intact, note-t-on dans des documents municipaux. Contrairement à d’autres secteurs du domaine de 27 hectares qui ont été brassés au fil des ans par les fermiers ou les ouvriers municipaux. 

«Les fouilles viendront compléter les données recueillies jusqu’à maintenant sur l’utilisation des lieux avant l’arrivée des Européens ainsi que sur l’occupation d’une habitation de ferme au XVIIe siècle et sur l’exploitation d’une ferme appartenant au Séminaire de Québec du XVIIIe jusqu’au XXe siècle», dixit Audrey Perreault.

Accès public

«L’immeuble patrimonial est actuellement utilisé à des fins d’entreposage», indique Mme Perreault. «La grange de pierre a été construite en 1755 tandis que la grange de bois date du début du XXe siècle.»

Les fouilles devront être complétées d’ici la fin février. Après, la grange sera transformée en salle multifonctionnelle.

Selon le contrat conclu avec Ethnoscop, «des visites publiques seront organisées par la Ville au cours des travaux».

Outre la grange, l’ensemble du Domaine de Maizerets demeurera accessible à la population durant les fouilles, note Mme Perreault.

Les trouvailles les plus intéressantes seront envoyées au laboratoire de la Ville puis conservées dans la réserve archéologique municipale où se trouvent les collections provenant des recherches précédentes.