Le Camp Vol d’été de Leucan est le seul au Québec qui est destiné spécifiquement aux enfants atteints de cancer et à leur famille. Tous sont invités, que les enfants soient en traitement, en rémission, en récidive ou guéris. Les activités se déroulent à Lac-Beauport.

Des vacances loin de la maladie pour des enfants atteints de cancer [VIDÉO]

À 11 ans, Ballon était un enfant du Camp Vol d’été de Leucan. Après avoir soufflé 19 bougies, il est devenu moniteur. Et le voilà maintenant chef de camp.

Ballon est le nom que se donne Mathias Gomez-Tyo depuis qu’il est passé de participant à moniteur bénévole.

Ce camp familial tout spécial est le seul au Québec qui est destiné spécifiquement aux enfants atteints de cancer et à leur famille. Tous sont invités, que les enfants soient en traitement, en rémission, en récidive ou guéris. Les activités se déroulent à Lac-Beauport.

«Même si on est tous réunis ici grâce à la maladie, on l’oublie. Ce qui en fait un camp unique, c’est que ces enfants-là, avec la maladie, ne pourraient pas aller dans un camp régulier. Il y a des dangers, que ce soit les virus ou certaines activités. Nous, on offre un encadrement médical», indique M. Gomez-Tyo.

Ballon est la personne idéale pour pourvoir au poste de chef de camp. Ayant lui-même combattu un cancer, il peut comprendre ce que vivent les familles et ce que ressentent les moniteurs bénévoles. On dit souvent que Leucan est comme une grande famille, et Ballon confirme. Après ses études, le plan n’était pas de prendre les rênes à la direction du camp. Mais ça lui est tombé dessus, et aujourd’hui, il adore son travail. 

«Les moniteurs bénévoles... on dit souvent qu’on est égoïstes. On donne notre temps, mais on reçoit beaucoup plus qu’on donne. C’est un plaisir d’être ici, on en ressort grandis. Pour un enfant atteint du cancer, la seule chose qu’il veut, c’est de se sentir normal. C’est un camp adapté, mais c’est quand même un camp de vacances. Pour la fratrie, c’est de redevenir un peu le centre de l’attention. Quand t’es le frère d’un enfant malade, tu passes souvent en deuxième. Ici, ils ont leur place et ont la même attention que les enfants malades.»

Dania Kayali alias Curly

Rester près de la famille

Ballon est loin d’être le seul qui fait le saut de participant à moniteur. Beaucoup de jeunes ayant vécu l’expérience du camp souhaitent y rester après leurs 18 ans. C’est le cas de Dania Kayali, alias Curly, qui fait sa formation de moniteur pendant sa dernière année au camp.

«Ici, je me sens comme une enfant normale. Ça me fait décrocher, c’est ce dont j’ai besoin. Je suis avec des gens qui comprennent vraiment ce que je vis, ça fait du bien», raconte-t-elle. 

Curly a 18 ans et compte trois années de participation au camp. Elle n’est pas prête à quitter sa grande famille élargie. Avec son cancer de l’os, elle ne peut pas participer aux activités qui lui demandent de courir. Ce qu’elle aime ici c’est que chaque fois les moniteurs trouvent une façon de l’inclure, même avec ses limitations.

Les parents aussi sont en camp de vacances.

En famille

«Quand un enfant est atteint du cancer, c’est toute sa famille qui l’est aussi», soutient Ballon. 

Les parents aussi sont en camp de vacances, autant d’activités leur sont dédiées. Ils dorment comme les enfants dans les petits chalets.

«Ça permet aux enfants de partager de beaux moments avec des enfants qui ont la même réalité qu’eux, et nous les parents, ça nous permet de prendre du temps pour nous et de rencontrer d’autres couples qui vivent la même chose que nous, au quotidien on n’en rencontre pas du tout et à l’hôpital on en croise, mais on n’a pas le temps de discuter», commente Marjolaine Gagnon, la maman de la petite Jasmine, atteinte d’une leucémie.

Jasmine doit recevoir des piqûres tous les jours. L’équipe médicale est sur place pour s’occuper des traitements de certains enfants et pour intervenir en cas de bobos. Des infirmières et docteurs sont sur les lieux tous les jours en tout temps, et ce, de façon complètement bénévole. 

«On sait que si quelque chose arrive, tout va bien. C’est rassurant... On a quatre enfants, financièrement, aller tous dans un camp de vacances, on ne pourrait pas se le permettre», ajoute Mme Gagnon, très reconnaissante. 

Plus de 100 familles sont accueillies au Camp Vol d’été chaque année.