Les questions sans réponses au sujet du tramway abordent entre autres le bruit et les vibrations engendrées, les compensations pour les commerçants, la gestion de la neige et des camions de vidanges ainsi que le nombre de places de stationnement qui seront perdues.

Des séances d’information pour le tramway qui manquaient de réponses

Jean-François Gosselin juge que les trois séances d’informations auprès des citoyens pour le projet du tramway est un exercice «complètement raté». Il n’est pas le seul : de nombreux citoyens dénoncent le manque de réponses à leurs questions et se disent plus inquiets qu’avant.

Le chef de l’opposition officielle Québec 21 a exprimé sa déception après la dernière séance d’information sur le tram, mercredi, en conférence de presse. 

«Je questionne le jugement de l’administration Labeaume. Ça fait l’effet inverse, normalement des séances d’information servent à informer les citoyens, servent aussi à rassurer la population.»

M. Gosselin réitère son désaccord avec la vitesse à laquelle avance le projet du tramway, il croit que Québec «n’est pas prête» à accueillir un tel projet et le manque de précision dans les réponses données par la Ville lors des séances le prouve. 

«On essaie de nous faire croire que ça fait 10 ans qu’on travaille sur ce projet-là. Les citoyens de la Ville de Québec veulent améliorer le transport en commun. On est en train de leur enfoncer dans la gorge un projet sur lequel ils n’ont pas été consultés, surtout un projet sur lequel ils n’ont pas voté. Le projet sur la table actuellement ne bonifiera pas le transport en commun à Québec, ça c’est clair. On remplace les métrobus finalement.»

Il suggère à l’administration Labeaume de retourner à la rencontre des citoyens, dans tous les arrondissements de la Ville, lorsqu’elle pourra démontrer que le projet est un gain pour le transport à Québec et qu’elle pourra répondre à toutes les questions de la population.

Questions sans réponses

Pierre Masson, un citoyen mobilisé qui représente le Collectif pour le meilleur choix de transport en commun à Québec, assure qu’il n’est pas contre Réseau structurant, mais il doute que ce soit la meilleure idée étant donné le manque de réponse pour certains problèmes soulevés.

«On trouve qu’on n’a pas les réponses à ce qu’on demande. On se mobilise parce qu’il y a beaucoup de points en suspens. On est plus inquiets qu’avant, on a l’impression que le projet est canné, qu’ils ont déjà décidé et qu’il n’y aura pas de changements. On n’a pas l’impression qu’il y a une ouverture», a-t-il exprimé aux médias mercredi avant-midi, après avoir assisté aux trois séances d’information.  

Les questions sans réponses abordent entre autres le bruit et les vibrations engendrées, les compensations pour les commerçants, la gestion de la neige et des camions de vidanges ainsi que le nombre de places de stationnement qui seront perdues.

M. Masson, accompagné d’un citoyen représentant chaque secteur de la ville, dénonce aussi le fait que seulement trois secteurs aient été rencontrés par la Ville, soit le secteur est, ouest et centre.

«C’est aberrant, comment on peut dire qu’on consulte la population, quand on oublie peut-être 30 % de la population? Le secteur nord, c’est surtout eux qui vont vivre les impacts parce que c’est eux qui partent de là pour venir au centre-ville. Les faits sont que la Ville n’a pas consulté les gens du nord, et ces gens-là ont aussi un mot à dire, Val-Bélair, Lebourgneuf et tout ce coin-là. On considère que c’est traiter ces citoyens-là de deuxième [ordre]», déplore M. Masson, qui réside dans le secteur ouest, portion comprise entre l’Université Laval et l’avenue Le Gendre.

Il assure aussi que depuis la tenue des rencontres d’information, les citoyens se mobilisent davantage. Un site a été créé, www.tramwayaquebec.com, afin de diriger tous les citoyens qui auraient des questions ou des inquiétudes à propos du projet du tram. 

«Le groupe va grandir, on se parle. Les irritants commencent à sortir, plus il y a d’irritants, plus les gens vont réagir.»

«L’arrogance de Côté»

Jean-François Gosselin a aussi fait allusion au «ton de mépris» utilisé par le conseiller Rémy Normand, qui pilote le projet du tram, lors de ses réponses aux citoyens pendant les séances d’information. 

«M. Normand doit changer de ton. On impose un projet aux citoyens. On doit montrer de la compassion, de l’empathie. On parle d’un tramway qu’on va insérer derrière certaines propriétés, chez des gens qui vivent là depuis des années, c’est leur qualité de vie qui va être affectée.»