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Mme Duchesne soutient que les résidents pourraient bénéficier de rues partagées même durant la saison hivernale. «Les bancs de neige, les chutes de glace et les trottoirs enneigés, c’est l’hiver que ça se passe.»
Mme Duchesne soutient que les résidents pourraient bénéficier de rues partagées même durant la saison hivernale. «Les bancs de neige, les chutes de glace et les trottoirs enneigés, c’est l’hiver que ça se passe.»

Des rues «pas si partagées» selon le Compop Saint-Jean-Baptiste

Myriam Boulianne
Myriam Boulianne
Le Soleil
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Le comité populaire Saint-Jean-Baptiste se dit «insatisfait» et «déçu» des améliorations apportées aux rues partagées. Il aurait aimé que la Ville de Québec en fasse davantage pour garantir la pérennité du projet.

«On sent qu’il y a une version édulcorée du concept de rues partagées qui ne convient pas à ce qu’on avait en tête», entame la permanente du comité, Marie-Ève Duchesne.

Le 2 mars, la Ville de Québec annonçait le retour de 18 rues partagées pour la saison estivale, avec un concept «revu», «amélioré» et «bonifié». Placettes éphémères, mobilier urbain, bacs à fleurs et œuvres marquées au sol s’ajouteront aux panneaux de signalisation limitant la vitesse à 20km/h dans ces rues dites partagées.

Or, le compop Saint-Jean-Baptiste juge que ce n’est pas assez. «On fait juste apporter quelques améliorations qui ne viendront pas changer les habitudes des automobilistes du quartier», souligne Mme Duchesne. 

«On pourrait aller beaucoup plus loin que de seulement installer des panneaux de signalisation et quelques bacs à fleurs», ajoute-t-elle.

Marie-Ève Duchesne, permanente au comité populaire Saint-Jean-Baptiste.

D’autres pistes de réflexion ont été proposées par Compop pour améliorer le concept : récupérer des espaces de stationnements pour faire du verdissement, rétrécir les intersections pour créer un effet d’entonnoir et obliger les automobilistes à ralentir et créer dans certaines rues un effet zigzag pour abaisser la vitesse.

«Il faut repenser la configuration des rues afin d’indiquer aux automobilistes que c’est comme s’ils entraient dans la cour de quelqu’un d’autre.»

De plus, le comité souhaite que le concept de rues partagées devienne permanent, et non temporaire, du début juin à la mi-octobre.

«Ça peut être très bien sur quelques mois, mais après ça s’en va et ça redevient comme avant. Donc, on ne change pas les habitudes [des automobilistes] et on ne répond pas aux besoins [des résidents]. » Si on veut changer le visage d’une rue et son aménagement complet, il faut que ça se fasse de façon pérenne, pas juste quelques mois par année.»

Ainsi, Mme Duchesne soutient que les résidents pourraient bénéficier de rues partagées même durant la saison hivernale. «Les bancs de neige, les chutes de glace et les trottoirs enneigés, c’est l’hiver que ça se passe.»

Pas d’ouverture de la Ville

Or, tout s’inscrit pour que le concept demeure temporaire pour cette année, malgré les demandes du comité.

En octobre 2020, le comité populaire Saint-Jean-Baptiste a déposé un projet de la rue partagée sur Saint-Gabriel au conseil d’arrondissement de La Cité-Limoilou. Ce projet faisait suite à un sondage réalisé auprès des résidents qui avaient répondu à 96 % en faveur de l’idée. 

En octobre 2020, le comité populaire Saint-Jean-Baptiste a déposé un projet de la rue partagée sur Saint-Gabriel au conseil d’arrondissement de La Cité-Limoilou.

«[À ce moment-là], il semblait y avoir une ouverture de la part de Geneviève Hamelin, la présidente de l'arrondissement de La Cité-Limoilou. Elle avait même parlé d’un atelier de co-création pour développer le projet, se souvient Mme Duchesne. Mais depuis, la Ville travaille seule de son côté.»

«Actuellement, on sent qu’il n’y a pas de collaboration. Mais on va continuer à mettre de la pression pour que ça se passe», poursuit-elle. Au courant des prochaines semaines, le comité envisage d’ailleurs d’autres actions et mobilisations qui n’ont pas encore été dévoilées.

Depuis l’inauguration de la première rue partagée à Québec, la rue Sainte-Claire en 2013, Mme Duchesne croit que le concept progresse, mais qu’il reste encore du travail. «Il y a eu un accueil favorable, mais ce qu’on a entendu beaucoup aussi, c’est que seulement l’installation de panneaux n’avait pas changé grand-chose.»

Même si elle assure tenir compte des améliorations apportées au projet, la permanente du Compop conclut : «On ne peut pas aller contre la vertu, mais c’est sûr qu’on peut aller plus loin.»