C’est au pavillon Parent qu’a d’abord été installé le système de sécurité électronique de l’Université Laval. À l’automne 2016, une série d’intrusions et d’agressions sexuelles dans ces résidences mixtes ont mené à l’arrestation de Thierno-Oury Barry.

Des résidents mieux protégés à l'UL

EXCLUSIF — L’Université Laval ne lésine pas sur la sécurité et engage 770 000 $ supplémentaires pour protéger ses résidences étudiantes. Une décision prise dans la foulée de la série d’intrusions et d’agressions sexuelles survenue à l’automne 2016.

Après le pavillon Alphonse Marie-Parent en 2017, l’Université Laval s’attaque cette année à ses trois autres bâtiments abritant des résidences. Les travaux ont débuté le 8 janvier au pavillon Ernest-Lemieux. 

Suivront cet été les pavillons Agathe-Lacerte et Hubert Biermans-Lucien Moraud, a confirmé au Soleil Andrée-Anne Stewart, porte-parole de l’université. «Tout devrait être en place en septembre pour la rentrée d’automne 2018», a-t-elle affirmé vendredi.

Les nouvelles mesures de sécurité consistent en l’installation de «contrôles d’accès électroniques [lecteurs de puces] sur les portes extérieures, intérieures et les ascenseurs». Des caméras de surveillance seront quant à elles braquées sur «les aires communes».

L’Université Laval estime le coût de ces travaux à 770 000 $. L’opération ne se limite pas à installer les lecteurs et les caméras, a-t-on expliqué. «Il faut parfois défaire des murs, en construire ou faire d’autres modifications aux infrastructures» pour permettre l’implantation du système de sécurité électronique, a souligné Mme Stewart.

Le pavillon Alphonse-Marie-Parent a été modifié le premier, ayant été le théâtre de la série d’intrusions et d’agressions sexuelles rapportée dans la nuit du 15 octobre 2016. Les coûts, d’abord évalués à 240 000 $, se sont finalement chiffrés à 330 000 $ pour ce pavillon.

Seulement en infrastructures, la facture globale pour l’Université Laval depuis les malheureux évènements devrait donc dépasser le million de dollars.

La décision d’élargir les mesures de sécurité implantées au pavillon Parent aux trois autres bâtiments de résidences a été prise après une analyse interne et des consultations auprès des résidentes et des résidents dans la dernière année. Le souci de l’administration universitaire a toujours été «de maintenir l’équilibre entre la qualité de vie et la sécurité».

En plus des moyens technologiques pris par l’établissement, le Service de sécurité et prévention et le Service des résidences de l’Université Laval ont mené diverses campagnes de sensibilisation. «En octobre et en novembre 2017, un agent de prévention a effectué la visite de chacune des 2300 chambres situées dans les quatre pavillons de résidences dans le but de distribuer de l’information», a fait savoir la Direction des communications. 

«Plus de 1600 résidentes et résidents ont été personnellement rencontrés, ce qui représente près de 70 % des résidents.» D’autres activités de prévention sont prévues cet hiver, a-t-on ajouté.

Toujours détenu

Le présumé auteur des crimes de l'automne 2016, Thierno-Oury Barry, fait toujours face à douze chefs d’accusation, dont quatre d’agression sexuelle. Il est actuellement détenu après avoir été incarcéré cet automne pour bris de conditions. Il sera de retour en cour le 31 janvier pour son enquête préliminaire. Âgé de 20 ans, Barry étudiait à l’Université Laval, mais n’habitait pas les résidences.