Les maisons à l’extérieur du cœur patrimonial des villages de L’Île d’Orléans profiteront de règles de rénovation plus souples.

Des règles de rénovation patrimoniales moins sévères à l’île d’Orléans

La ministre de la Culture Nathalie Roy assouplit les règles entourant la construction et la rénovation patrimoniale sur L’Île d’Orléans. Des fenêtres en bois écoénergétiques et des toitures en bardeau d’asphalte seront permises dans certains cas.

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) répond ainsi à la grogne qui se faisait entendre sur L’Île d’Orléans depuis plusieurs mois. Plusieurs citoyens accusaient le ministère de la Culture d’être trop sévère dans l’application du Plan de conservation de L’Île d’Orléans, qui date de décembre 2017.

Une série de nouvelles mesures entrent en vigueur immédiatement. Par exemple, il sera possible pour des propriétaires de bâtiments qui ne contribuent pas aux valeurs patrimoniales de l’île d’installer une porte-patio derrière leur maison, un garage attaché à la maison et de choisir des parements foncés pour le revêtement extérieur. 

Les règles seront également assouplies pour les citoyens qui vivent à l’extérieur du cœur patrimonial de leur village.

Insuffisant 

Pour le Regroupement de citoyens du site patrimonial de L’Île d’Orléans, il s’agit d’un premier pas, mais qui n’est pas suffisant. «On salue l’ouverture du ministère de la Culture, mais en même temps, on est déçus. Surtout en ce qui concerne les toitures», commente Jeanne d’Arc Delisle, l’une des porte-paroles du regroupement. 

C’est que toutes les maisons qui font partie de l’inventaire patrimonial et qui sont situées au cœur des différents villages ne pourront toujours pas remplacer leur toit en bardeau d’asphalte, même si c’est le matériau qui est en place à l’heure actuelle. Seules quelques maisons situées à l’extérieur des villages pourront le faire.

«Ce qu’on voudrait c’est que le ministère soit d’accord pour que tous les propriétaires puissent entretenir leur maison. Il faut qu’on évite des dégâts», plaide Mme Delisle. 

«Il y a un plan de conservation qui avait été enfoncé dans la gorge des citoyens par l’ancien gouvernement. Là, on fait des avancées sans précédent, mais ce n’est pas une finalité», commente Émilie Foster, députée caquiste de Charlevoix-Côte-de-Beaupré. 

Une table de concertation est créée, avec un arbitre indépendant, pour faciliter les interactions futures entre les citoyens et le ministère de la Culture. Mme Foster croit que ce type de comité, qui existe déjà à Sillery et dans le Vieux-Québec, peut bien fonctionner. Mme Delisle espère que des citoyens pourront siéger à cette table. Mme Foster indique que ce sont les gens de L’Île d’Orléans qui décideront qui y siégera. 

Ces nouvelles mesures ne garantissent pas que les citoyens qui ont reçu des constats d’infraction de la part du ministère de la Culture verront ceux-ci disparaître. «La table de concertation se penchera là-dessus», indique Mme Foster. 

Harold Noël, préfet de la MRC de L’Île-d’Orléans, s’est dit très satisfait des nouvelles mesures. «Nous nous réjouissons que L’Île d’Orléans puisse demeurer un milieu de vie exceptionnel, vivant et invitant.»