Le maire Régis Labeaume a promis de reprendre la distribution d’avertisseurs de fumée. «À 12 $ pièce, c’est le meilleur investissement que tu peux faire», estime-t-il.

Des pompiers et des camions plutôt que de nouvelles casernes

Les 37,1 millions $ que la Ville de Québec prévoit investir sur cinq ans dans son schéma de couverture de risque en incendie serviront essentiellement à remplacer des camions et à ajouter du personnel. La Ville ne prévoit pas de nouvelle caserne alors que trois avaient été bâties depuis cinq ans.

Les 37,1 millions incluent en effet 18,8 millions $ pour remplacer des camions et des véhicules et 16,3 millions $ pour l’ajout de personnel, à savoir huit lieutenants, seize pompiers et deux mécaniciens.

«C’est vrai qu’il y a beaucoup d’investissements dans le personnel et peu dans l’immobilier, mais nous avons un réseau de 15 casernes bien distribuées», a justifié le directeur du Service de protection contre l’incendie, Christian Paradis, vendredi en comité plénier. 

Objectif à atteindre

De 2012 à 2018, ce sont 32,68 millions $ qui avaient été investis par la Ville dans son schéma de couverture de risques, des sommes qui ont contribué à l’atteinte de l’objectif d’avoir quatre pompiers en moins de neuf minutes pour 94% de la population de l’agglomération et 10 pompiers en moins de 12 minutes pour 97% de la population.

M. Paradis a indiqué que l’objectif à atteindre était cependant d’avoir 10 pompiers sur les lieux d’un incendie en moins de 10 minutes sur la majorité du territoire comme le veut l’orientation ministérielle.

Les ajouts prévus au cours des cinq prochaines années devraient d’ailleurs permettre, selon M. Paradis, d’obtenir une force de frappe de 10 pompiers en 10 minutes sur 76% du périmètre urbain.

Incendies mortels

Pour la première fois depuis 2014, un incendie mortel a eu lieu à Québec en 2017, soit le 11 juin, quand un couple est décédé dans son appartement lors de l’incendie criminel d’un immeuble de la rue de Vitré. Au total, ce sont 23 personnes qui ont perdu la vie dans des incendies à Québec depuis 2005, une année où six décès avaient été enregistrés.

«On calcule que les incendies mortels ont eu lieu à 91% dans des bâtiments à risque élevé et les victimes ont en moyenne 55 ans et plus. On n’a noté aucun décès depuis 2006 dans les bâtiments à risque faible. Les articles pour fumeurs sont toujours au premier rang des causes, à savoir 19 décès sur 23, et dans 80% des décès, l’avertisseur de fumée était absent ou non fonctionnel», a indiqué M. Paradis en comité plénier vendredi.

Le maire Régis Labeaume a d’ailleurs été frappé par ces statistiques. «Ces chiffres signifient que si ces gens n’avaient pas fumé depuis 13 ans et s’ils avaient eu des avertisseurs fonctionnels, il y aurait eu seulement trois décès en 13 ans», a déclaré en point de presse le maire qui a... cessé de fumer depuis un bout de temps.

Il a aussi promis de reprendre la distribution d’avertisseurs de fumée. «On avait distribué des avertisseurs en 2008 et on va en distribuer encore 30 000. À 12 $ pièce, c’est le meilleur investissement que tu peux faire», conclut-il.