Billy Rioux a fabriqué une réplique d'un bateau plat de l'époque de la Nouvelle-France

Des personnages hauts en couleur aux Fêtes de la Nouvelle-France

Aux Fêtes de la Nouvelle-France, à Québec, on plonge directement quelques siècles en arrière, au temps où il n’y avait ni cellulaire, ni bateau à moteur, ni machine électrique. On croise des gentilshommes, des gardes du marquis de Dracy, des aventuriers ou encore des dames de la noblesse. Ils paradent et expliquent aux visiteurs leur personnage et la manière dont ils devaient vivre au temps de la conquête du Nouveau-Monde. Le Soleil vous en présente deux, Anne-Marie de la Bouteillerie et Billy l’aventurier.

Billy Rioux, historien et aventurier, n’a pas froid aux yeux. En 2011, il a parcouru 350 km sur le fleuve Saint-Laurent, entre Montréal et Baie-Saint-Paul, dans une réplique d’un bateau plat de la Nouvelle-France fabriqué à la main avec du bois brut de pins. «Il m’a fallu trois mois pour le fabriquer alors qu’un bateau moderne, ça prend 3-4 jours», explique-t-il.

À l’époque de la Nouvelle-France, ce genre de bateau était utilisé par la Poste, des militaires et des habitants pour transporter des biens entre Montréal et Québec, et même de Tadoussac jusqu’à l’estuaire du lac Ontario. On pouvait même cuisiner dessus. «Les hommes ramaient pendant que le cuistot préparait la soupe à l’oignon dans une cambuse. La gamelle était suspendue au-dessus du feu», relate M. Rioux.

Pendant son expédition d’une durée de deux semaines, Billy Rioux a subi des vents de face et des avaries causées par les hauts fonds. Un voyage loin d’être reposant.

Anne-Marie de la Bouteillerie

Anne-Marie Dionne alias Anne-Marie de la Bouteillerie, nièce du seigneur de Kamouraska a eu le coup de foudre pour les costumes de la Nouvelle-France lors d’une première visite aux Fêtes de la Nouvelle-France, il y a plus de 15 ans. Couturière de métier, elle fabrique elle-même ses robes à la main comme le faisaient ses ancêtres.

Anne-Marie Dionne, couturière de métier, fabrique elle-même ses robes à la main comme le faisaient ses ancêtres.

«Ce sont des robes que les femmes au XVIIIe siècle portaient à Versailles. J’étais curieuse de la mode à cette époque. J’ai commencé à faire des recherches sur les couleurs et les matériaux», explique-t-elle.

Il a fallu un hiver complet à Mme Dionne pour fabriquer sa première robe. Elle a dû réapprendre à coudre, même si c’est son métier. «Ce n’est pas de la couture normale comme on la connaît aujourd’hui. Il n’y avait pas de machine à coudre à l’époque. Tout se faisait à la main», dit-elle.

À cette époque, les robes étaient lourdes à porter. Il fallait cacher toutes les parties du corps de la femme, enfin presque, parce que la poitrine était mise en valeur. «Les hommes amenaient leur femme ou leur fille quand ils avaient une faveur à demander», souligne-t-elle.

Les femmes devaient porter un corset pour se tenir droite, une chemise de corps, trois jupons en dessous de la robe et des bas de laine. Et tout était en coton. Imaginez quand il y avait une canicule.

Pour autant, Mme Dionne aurait aimé vivre à cette époque. «Les gens prenaient plus le temps d’être en famille. Les liens familiaux étaient forts. Il y avait aussi une entraide entre voisins. Aujourd’hui, tu peux habiter la même place pendant 10 ans et tu ne connais même pas tes voisins.»

Les Fêtes de la Nouvelle-France se terminent ce dimanche. Pour connaître la programmation, cliquez ici.