La rue des Bouleaux, à Saint-Romuald, devenue la rue Théophile-Hallé, porte encore son ancien nom sur Google Maps.

Des noms de rue qui ne veulent pas mourir sur Google Maps

Près de deux ans après l'harmonisation de ses noms de rue, la Ville de Lévis est toujours aux prises avec des anomalies sur Google Maps, qui affiche l'ancien nom d'une douzaine de ses artères.
Ce problème persistant exaspère David Gagné, conseiller en patrimoine et secrétaire du comité de toponymie à la Ville. «Les grosses compagnies comme Google s'abreuvent à un paquet de sources d'information. On les a interpellées des dizaines et des dizaines de fois, mais on ne réussit pas à régler le problème. C'est un système ouvert, alors tout le monde peut participer et diffuser de l'information», explique-t-il.
En janvier 2015, lorsque la Ville a procédé à l'harmonisation de ses noms de rue, elle a essayé plus de 20 fois de parler à quelqu'un chez Google pour leur transmettre la nouvelle carte, sans succès, raconte M. Gagné. Tout s'est bien déroulé auprès de Postes Canada, des Pages jaunes et des compagnies de GPS, mais pour Google Maps, les employés ont dû signaler les 55 000 nouvelles adresses une à une.
Citoyens insatisfaits?
Depuis 2015, la Ville croit que certains citoyens, insatisfaits de leur nouveau nom de rue, font en sorte de faire réapparaître l'ancien nom sur cette carte virtuelle. Par exemple, la rue des Bouleaux, à Saint-Romuald, est devenue la rue Théophile-Hallé. Mais depuis, son nom change continuellement sur Google Maps. «J'ai dû apporter la correction au moins 15 fois», soutient M. Gagné. Mais quelques semaines après ses interventions, la carte affichait de nouveau l'ancien nom.
Même phénomène pour les rues Bocage, Bon Air et Bellevue à Saint-Rédempteur. La Ville ne peut prouver que ce sont des citoyens qui signalent la mauvaise information, mais chose sûre, ce petit manège «mange du temps inutile», soutient M. Gagné. «Un jour, il va falloir les digérer, ces nouveaux noms de rue-là. On ne pourra pas revenir aux anciens.»
Le service à la clientèle de la Ville de Lévis répond régulièrement à des appels de citoyens ou de compagnies qui se plaignent que des rues sont mal répertoriées sur Google Maps. Le service de police, de même que le service d'incendie de Lévis ont accès à une information fiable, parce qu'ils se nourrissent dans un système alimenté par la Ville de Lévis. «Par contre, si un citoyen est en détresse et ne sait pas exactement où il est, s'il se fie aux informations sur Google Maps, ça peut représenter un problème», estime M. Gagné. Pour la Ville, il est important que cette carte soit le reflet juste de la réalité, étant donné qu'elle est largement utilisée.
Dans un échange de courriels lundi, Google a indiqué au Soleil «prendre acte de la problématique» que vit la Ville de Lévis. L'entreprise spécifie toutefois que ses cartes sont bâties à partir de plus de 1000 sources officielles. Les utilisateurs peuvent aussi y contribuer en signalant des erreurs.
Normalement, s'il y a un conflit entre une source officielle et un utilisateur, la source officielle a priorité, indique Google.