Arthur Fortin, sellier spécialisé dans les selles westerns

Des métiers à l’époque de la Nouvelle-France qui existent toujours

Les Fêtes de la Nouvelle-France sont l’occasion de découvrir ou redécouvrir des métiers qui existaient à cette époque avec des personnes du XXIe siècle qui perpétuent les traditions. Le Soleil vous présente un sellier, une fileuse de laine et un tourneur de bois.

Arthur Fortin exerce le métier de sellier depuis 2009. Alors qu’il est forgeron et entraîneur d’équitation spécialisé dans le western, il rencontre un Français, David Moulinas en Beauce, qui lui apprend le métier de sellier. «Il y a une tradition, que le sellier doit transmettre ses connaissances à quelqu’un avant d’arrêter», raconte-t-il.

M. Fortin fabrique et répare des selles westerns sur mesure. Tout est fait à la main, de la découpe du cuir haut de gamme aux dessins en passant par les mesures. À partir de la base d’un arçon en bois, on le recouvre pour en fabriquer une selle. «Je vais mesurer le cavalier et le cheval. Puis le cavalier choisit tout ce qu’il veut sur sa selle comme les dessins», explique-t-il.

Il faut 100 heures de travail et une vache au complet à M. Fortin pour fabriquer une selle. Plusieurs outils et deux techniques sont utilisés pour créer les dessins, le repoussage et le martelage. Contrairement aux selles fabriquées industriellement, les selles artisanales sont uniques. On les reconnaît grâce à de petites erreurs qui peuvent apparaître. «Lorsque c’est fait main, quand tu regardes de plus près, on voit de petites erreurs. Tout n’est pas parfait, mais c’est ce qui fait la beauté du travail artisanal», fait-il valoir.

Le filage de laine

Pour transformer la laine en fil, Éveline Ménard utilise un rouet.

Éveline Ménard est conteuse à l’année et fileuse de laine l’été. «Des fils, c’est très moderne, on en a tous les jours sur nous, mais on a oublié les gestes. Je trouve ça intéressant de partager les savoir-faire qui sont anciens, mais qui sont encore présents dans notre vie de tous les jours», explique-t-elle. Le filage de laine est apparu au début du XVIIIe siècle.

Pour transformer la laine en fil, Mme Ménard utilise un rouet. À l’époque, les femmes s’en servaient pour fabriquer des vêtements et des couvertures. On commence par tondre le mouton, puis on lave la laine pour enlever la lanoline, une huile collante. Ensuite, on carde la laine avec des peignes pour ouvrir la laine, enlever les noeuds et aligner la laine dans le même sens. Enfin, pour faire un fil, il faut tirer et tourner. Puis, on double en faisant une torsion contraire. À partir de là, on peut tricoter ou fabriquer un tissu.

Le tournage de bois

Il faut quatre heures à Éric Dumais pour façonner un bol avec le tour à perche.

Éric Dumais est tourneur de bois, spécialisé dans les bols en bois. Pour les fabriquer, il utilise un tour à perche, qui est apparu au XIIIe siècle, ainsi que de l’érable et du hêtre verts. Le tour à perche a été utilisé jusqu’au début de XIXe siècle. Une cordelette est fixée à un bout à une pédale actionnée au pied et elle est enroulée autour d’un mandrin ou autour de la pièce elle-même. Elle est attachée à l’autre bout à une lame de bois qui agit comme un ressort. Quand on appuie sur la pédale, un mouvement alternatif se crée entre la pièce de bois et l’artisan. Il peut alors tailler le bol à l’aide d’un crochet.

Il faut quatre heures à M. Dumais pour façonner le bol. «Une fois le bol prêt, il y a une période de séchage de trois à quatre semaines avant de pouvoir appliquer la finition, qui va prendre aussi trois à quatre semaines se séchage», indique-t-il.