L’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec a besoin de locaux pouvant accueillir 80 médecins.

Des médecins dans des bureaux «temporaires» à l'Hôpital Laval

Après les classes aménagées dans des «roulottes» faute de budget pour construire des écoles, voici venue l’ère des bureaux de médecins dans un bâtiment «temporaire», dont un spécimen poussera sur le gazon de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).

«L’Institut vit présentement un manque important de bureaux pour différents spécialistes», indique au Soleil le responsable des communications externes et des relations médias, Joël Clément. «Cet ajout-là, ça va nous donner un peu d’air.»

L’établissement manque donc tellement de place pour loger ses docteurs qu’il a besoin d’un pavillon «temporaire» pouvant en accueillir 80. Un projet évalué à 1,6 million $.

L’IUCPQ entend faire ériger une structure de 2 étages ayant une durée de vie d’environ 10 ans, apprend-on dans des documents récemment diffusés par l’établissement. «Le bâtiment sera constitué d’environ 40 bureaux doubles soit 20 bureaux par étage. De plus, chaque étage inclura minimalement 1 salle de repos, 1 bloc sanitaire (toilettes et douche), et une zone de photocopieur.» Pas de flafla, cependant : «La conception du bâtiment devra être sobre.»

Joël Clément, souligne que l’hôpital offrant des soins de pointe compte beaucoup de médecins à son emploi. Mais ajoute qu’il accueille aussi plusieurs étudiants et médecins qui viennent parfaire des techniques; également de futurs employés de bureau, des infirmières en devenir ou des nutritionnistes en stage. Bon an, mal an, ils seraient environ 2000 à passer quelques jours, semaines ou mois à l’IUCPQ.

«Ça leur prend des espaces pour travailler. […] Il y a un roulement, ils ne sont pas tous là en même temps. Mais, sur une année, c’est un fort volume quand même.»

Démolition du pavillon Rousseau

M. Clément évoque également la démolition du pavillon Rousseau en 2016 comme cause de la pénurie de bureaux. L’aile apparue dans les années 1930 devait initialement être rénovée… jusqu’à ce que les experts découvrent que l’ossature était mal construite; découverte réalisée après que l’IUCPQ ait dépensé 4 millions $ pour les rénovations. Évacué en 2011 pour les travaux, il a finalement été déconstruit ce qui a coûté 7 ou 8 millions $ de plus.

«Il s’était détérioré», observe Joël Clément. «Il n’était plus sécuritaire, donc on a été obligé de le démolir. […] C’était au niveau de la structure, donc il aurait fallu tout le refaire. On n’avait pas les sous.»

«Dans ce pavillon-là, il y avait beaucoup d’activités. Il y avait des bureaux, il y avait des salles de conférence, des salles d’enseignement», poursuit M. Clément. «Ces locaux-là, évidemment, on ne les a plus. Ça fait en sorte qu’on a une pression additionnelle. On a des nouvelles personnes qui arrivent dans notre établissement, mais il a aussi un manque à gagner au niveau des locaux.»

Au fait, pourquoi ne pas construire un bâtiment permanent? «On a des plans sur les 10, 15 prochaines années. Mais, présentement, nos besoins un peu plus criants qui peuvent se réaliser dans un très court terme, c’est ce genre de bâtiment.»

Le nouvel édifice sera implanté dans le gazon, à l’ouest du pavillon de prévention des maladies cardiaques, le PPMC pour les intimes. «Ça ne coupera pas de place de stationnement.»

La construction devrait être terminée au plus tard au début du printemps 2020.