Le projet d’habitation sera construit en 2020-21 sur le site de l’ancien poste d’Hydro-Québec de la Reine.

Des logements sociaux pour les jeunes adultes dans Saint-Roch

À 18 ans, Angie Paradis est sortie du Centre jeunesse, seule, laissée à elle-même. C’est pour faciliter l’intégration sociale et professionnelle «d’autres Angie» que la Ville lance dans le quartier Saint-Roch un nouveau concept d’habitation pour les jeunes.

Le projet d’habitation sera construit en 2020-21 sur le site de l’ancien poste d’Hydro-Québec de la Reine, récemment acquis par la Ville de Québec. Il comptera 200 logements sociaux dont 40 à 50 seront réservés aux jeunes qui, comme Angie, ont passé une partie de leur adolescence, sinon toute, en famille d’accueil ou en centre jeunesse.

«Je suis hanté par l’image du jeune qui sort du centre avec son sac vert sur le dos», a lancé le maire de Québec, Régis Labeaume, en présentant le concept pour lequel il ne peut encore avancer un budget. L’Office municipal d’habitation de Québec sera maître d’œuvre de ce projet qui bénéficiera de subventions du programme Accès-Logis.

«J’ai passé six longues années au centre jeunesse. J’ai réussi à m’en sortir, mais ç’a été difficile, reconnait la jeune adulte aujourd’hui âgée de 19 ans. J’ai eu un problème de drogue. J’ai rencontré des gens pas corrects. Beaucoup de jeunes se tournent vers la prostitution et la vente de drogue. Moi, j’ai volé du papier de toilette dans les toilettes des dépanneurs, lance-t-elle pour illustrer le marasme dans lequel elle se trouvait. 

«Du moment qu’on sort du centre, il faut se débrouiller seul. On n’a pas de crédit, pas d’endosseur. On n’a plus personne (un éducateur) à qui parler. Ça va vite dans la déprime. C’est difficile sur le moral. J’ai passé par-dessus ma dépendance. Aujourd’hui, j’ai un travail et un conjoint. J’ai réussi et j’en suis fière, mais j’aurais aimé être mieux accompagnée. J’aurais aimé avoir un projet comme ça», insiste-t-elle.

En plus d’avoir un toit subventionné, les jeunes auront droit aux professionnels du CIUSSS de la Capitale-Nationale pour aider leur intégration socioprofessionnelle et leur autonomie résidentielle. L’aide pourra prendre la forme d’une formation professionnelle ou d’un soutien psychologique. 

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale calcule chaque année que 200 jeunes issus des services de la DPJ obtiennent leur majorité. Le projet ne peut donc répondre à l’ensemble des besoins. C’est quand même un pas dans la bonne direction, juge-t-on.

Mixité sociale

Le projet mise sur le concept de mixité sociale. Ainsi les quelque 150 portes restantes seront occupées autant par des familles à faible revenu que des personnes à mobilité réduite, souligne le maire Labeaume.

Si la cinquantaine de portes réservées aux jeunes s’adresse principalement aux personnes nouvellement majeures, elles pourront aussi s’ouvrir aux jeunes adultes jusqu’à 25 ans qui désirent se sortir d’une situation d’itinérance et d’autres problèmes personnels, tout en leur permettant de se raccrocher à la vie active.

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ACCÉLÉRER LE DÉMARRAGE DES ENTREPRISES

Le maire de Québec, Régis Labeaume

Une charte de la collaboration est née entre la Ville de Québec et des organismes de développement économique pour améliorer le taux de création et de survie d’entreprises dites «à haute valeur ajoutée». Pour le maire de Québec, Régis Labeaume, cette charte est l’exemple parfait des initiatives à prendre pour éviter le travail en silo et «favoriser l’émergence de nouvelles jeunes pousses». Du même souffle, les partenaires d’affaires ont annoncé la création de nouveaux incubateurs d’entreprises. Il s’agit de Quantino, en collaboration avec l’Institut national d’optique, en plus d’un autre destiné aux sciences de la vie, sous l’impulsion de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec. Ils s’ajoutent à deux autres incubateurs bien connus : LE CAMP, un incubateur qui conseille les entreprises technologiques et des technologies numériques, et plus récemment avec l’ouverture du Grand Marché, Mycélium, qui accompagne les entreprises du secteur agroalimentaire.