Selon l'Association des guides touristiques de Québec, de nombreux accompagnateurs de groupes de vacanciers visitant la capitale offrent des services de guide sans détenir le permis municipal obligatoire.

Des guides touristiques sans permis

L'Association des guides touristiques de Québec assure que de nombreux accompagnateurs de groupes de vacanciers visitant la capitale jouent dans leurs plates-bandes sans détenir le permis municipal obligatoire, au vu et au su de la Ville qui n'aurait pas la «volonté» de sévir.
«C'est le Bureau des grands événements qui est chargé de surveiller si les gens ont des permis ou non. Honnêtement, on ne sent pas qu'ils le font beaucoup parce que nous, on voit plein de gens qui guident
sans permis et on ne voit pas de réaction de la Ville de ce côté-là», déplore la présidente de l'AGTQ, Louise Labelle, au cours d'un entretien téléphonique avec Le Soleil.
Guide depuis quatre ans, depuis sa retraite, Mme Labelle jure croiser fréquemment ces accompagnateurs hors-la-loi. «On les voit agir, c'est facile de voir que quelqu'un est en train de guider. Je fais beaucoup d'heures de guidage et je les vois régulièrement.»
Elle affirme avoir dénoncé la situation aux autorités, mais doute du mordant des inspections effectuées. «On a communiqué avec eux pour savoir s'ils le faisaient. Ils nous disent qu'ils le font. Donc, on présume qu'ils disent la vérité. Mais on ne le sent pas nous, on ne le sent pas qu'il y a une volonté de la part de la Ville de surveiller ça.»
50 $ par année
À Québec, un permis vendu 50 $ par année est nécessaire pour toute personne voulant offrir des «tours de ville». Et pour l'obtenir, il faut avoir réussi une formation de 150 heures offerte par les collèges Mérici et Champlain-St. Lawrence.
Début 2016, la mairie avait toutefois décidé d'abolir cette obligation devant la difficulté d'appliquer le règlement. Le tollé soulevé avait toutefois forcé la Ville à faire marche arrière.
Après des consultations, le statu quo avait été rétabli. «Pour l'année en cours, c'est le permis régulier qui est toujours là», insiste Louise Labelle. Tout groupe visitant la capitale doit donc faire appel à un guide accrédité par la Ville de Québec.
Une table de concertation a cependant été créée pour réunir des représentants de l'industrie touristique et réfléchir à certains assouplissements qui pourraient être consentis afin de faciliter le travail des accompagnateurs de groupes venus de l'étranger. Mais celle-ci ne s'est toujours pas réunie. «La première rencontre de la table de concertation pour établir sa composition - parce que la composition n'est pas arrêtée - est prévue en septembre», note Mme Labelle. Les discussions suivront.
L'AGTQ est ouverte à l'émission d'«autorisations de visite» aux personnes qui chaperonnent occasionnellement des touristes d'autres langues que le français et l'anglais. Ces guides devraient toutefois suivre une formation en ligne et réussir un examen.
Vrai que Mme Labelle se bat pour le gagne-pain des guides locaux. Mais il y aurait plus: «Notre intérêt, c'est aussi la qualité de guidage qui se fait à Québec. On entend parfois les gens dire des énormités quand on se promène en ville et qu'on voit des gens qui guident sans permis. On pense que la ville mérite d'être bien représentée, d'être bien présentée aux touristes qui viennent nous visiter.»
Plus de 300 personnes posséderaient un permis de guide de la Ville de Québec. Durant l'été 2016, des inspecteurs municipaux avaient vérifié la légalité de quelque 275 guides. Une trentaine d'entre eux n'avaient pas de permis et avaient reçu un avertissement. Le Règlement sur les guides touristiques locaux prévoit des amendes allant de 150 $ à 4000 $.