L’objectif de ce rassemblement est de «lancer une forte suggestion» aux différents paliers de gouvernements à réétudier les impacts environnementaux, urbanistiques et économiques que le troisième lien pourrait avoir.

Des étudiants se mobilisent contre le 3e lien

Dans une invitation à la collaboration, la Coalition régionale des associations étudiantes de la Capitale-Nationale (CRACN) organise une manifestation contre le troisième lien, le 10 novembre, à la Place de l’Assemblée-Nationale.

L’objectif de ce rassemblement est de «lancer une forte suggestion» aux différents paliers de gouvernements à réétudier les impacts environnementaux, urbanistiques et économiques que le troisième lien pourrait avoir.

Sur les réseaux sociaux, environ 400 personnes ont indiqué qu’elles allaient participer à la manifestation alors que plus de 2000 ont montré de l’intérêt.

La Coalition, qui regroupe les six institutions d’enseignement collégiales de la région, veut d’abord et avant tout «travailler avec eux» pour trouver une solution de rechange plus verte.

«C’est vraiment pas un mouvement contestataire», explique Noémie Veilleux, coordonnatrice aux affaires externes de l’Association étudiante du Cégep de Sainte-Foy. «On veut simplement les inciter à se pencher sur la question et qui sait, ça peut être vraiment un beau travail de collaboration».

Selon Mme Veilleux, «les solutions concrètes ne nous appartiennent pas». Cependant, elle soutient que des alternatives sont possibles, comme l’utilisation de l’argent du troisième lien pour investir dans un transport plus vert et écoresponsable. «Ça pourrait être plus viable à long terme», dit-elle.

«Plusieurs statistiques montrent qu’un pont atteint son point de saturation après quatre ans», donc le problème de congestion reviendrait quand même, poursuit la coordonnatrice.

«Population mal informée»

Un sondage de la firme Léger publié en juin montrait un fort appui de la population au troisième lien. Consciente du support que reçoit ce projet «controversé», Noémie Veilleux se questionne du même souffle sur le degré d’information que possède la population pour forger son opinion, puisque peu de statistiques existent.

Elle souhaite que la manifestation permette à des personnes qui ont le souci de l’environnement de «peut-être changer d’idée» après avoir parlé avec les organisateurs.

Mme Veilleux accueille aussi tièdement l’étude que la Ville de Québec a commandée et qui conclut qu’un troisième lien ne serait pas opérationnel avant 2032.

«C’est pas une bonne nouvelle. […] C’est un projet qu’ils veulent faire de toute façon. Si jamais ils peuvent se retourner et se lancer dans un projet qui est plus vert, à ce moment-là on serait vraiment heureux et ce serait une solution rationnelle à ce problème de congestion», explique-t-elle.

Le projet de transport structurant ravit toutefois la représentante de la CRACN, mais à l’idée de relier ce réseau entre les deux rives, elle précise qu’«on est contre le troisième lien automobile».

«C’est sûr que s’ils veulent créer un troisième lien qui va promouvoir le transport vert – le transport collectif – pour améliorer la mobilité entre Québec et Lévis, c’est sûr qu’on va examiner la question et on va se positionner par la suite, parce que c’est une belle alternative. Mais on ne va pas prendre la place des urbanistes pour proposer une autre solution concrète, on veut simplement les amener à réfléchir».

Les jeunes préoccupés

Le thème de l’environnement a reçu peu d’attention lors de la dernière campagne électorale, ont noté certains. Pourtant, «c’est un enjeu qui est très important au sein de la jeunesse parce que nous on voit notre avenir arriver», dit Noémie Veilleux. «On voit les conditions se dégrader, donc on a une motivation à faire en sorte qu’on puisse vivre de façon viable pour le reste de nos jours et que nos enfants et leurs enfants le puissent. […] On est beaucoup plus sensibilisé à ça que nos parents l’étaient quand ils étaient jeunes.»

Avec l’élection de la Coalition Avenir Québec, la population étudiante s’inquiète du fait qu’il y ait davantage d’engagements économiques qui ont été pris au détriment de l’environnement.