Les cinq conseillers issus de l'administration de l'ex-maire Marcel Corriveau, dont Louis Potvin et France Hamel, ont décidé de réviser le budget adopté le 15 décembre.

Des conseillers de Saint-Augustin forcent la révision du budget

Les contribuables de Saint-Augustin-de-Desmaures auront droit à un nouveau budget le 16 janvier. Les cinq conseillers issus de l'administration de l'ex-maire Marcel Corriveau ont décidé de réviser celui qui avait été adopté le 15 décembre dans l'objectif d'abaisser le taux de taxation, qui devait augmenter de 2,2 % cette année.
«On pense que les citoyens ont assez donné, et dans les taxes, et dans les services», a déclaré au Soleil la conseillère France Hamel, rappelant les augmentations de 25 % et de 4,9 % du compte de taxes en 2015 et 2016 ainsi que les nombreuses coupes de services. Elle explique qu'elle et ses collègues n'avaient pas eu assez de temps pour travailler sur le budget et que c'est pour cette raison qu'ils reviennent à la charge.
«La séance du budget n'aurait pas dû être le 15 décembre. Nous n'avons pas eu assez de temps pour y penser. En présentant une nouvelle mouture du budget, on souhaite épargner les contribuables, car on considère que nous avons encore une marge de manoeuvre dans le budget sur lequel on a travaillé», poursuit-elle en indiquant que la hausse du taux de taxation serait probablement réduite de 1,5 %. «La hausse pourrait donc se situer autour de 0,7 %. Nous ne croyons pas réussir à éviter toute augmentation», enchaîne-t-elle.
Une quote-part et un déficit d'agglomération moins élevés et des provisions déjà faites pour payer les déficits d'agglomération seraient les éléments qui auraient permis aux conseillers de dégager une plus grande marge de manoeuvre. «Je le répète, il n'est pas question de couper dans les services. Ça va bien et les citoyens ont assez payé», a résumé Mme Hamel.
Juneau en désaccord
La manoeuvre de Mme Hamel et de ses collègues Louis Potvin, Guy Marcotte, Lise Lortie et Denis Côté a toutefois fait bondir le maire Sylvain Juneau, qui est à couteaux tirés avec eux depuis son élection. Celui-ci considère le nouveau budget comme un désaveu du travail du directeur général et de la trésorière et que le nouveau budget ne respectera ni les règles comptables, ni la loi.
«Leur nouveau budget sera déficitaire, car les revenus prévus au budget 2017 pour les 331 500 $ qui seront facturés en sus de la quote-part 2017 pour pallier le déficit d'agglomération 2015 sont éliminés. En payant cette facture à même le solde résiduel de la provision pour déficit de 760 000 $ budgété en 2016, déjà considéré dans le surplus anticipé de 900 000 $ pour 2016, ils créent un déficit puisque ce solde est déjà affecté ailleurs», a affirmé le maire lors d'une rencontre avec Le Soleil.
M. Juneau prétend aussi que l'adoption d'un nouveau budget amènera un retard dans l'émission des comptes de taxes, ce que nie toutefois France Hamel. «Le premier versement des taxes devra être reçu le 20 mars plutôt que le 1er mars, ce qui devrait amener des intérêts de quelque 34 000 $ pour les 20 jours où nous fonctionnerons sur la marge de crédit pour le premier versement de 12,5 millions $ de la quote-part», conclut le maire.