Les membres d'un comité de citoyens de Sillery estime que la Ville de Québec consulte, mais n'écoute pas.

Des citoyens de Sillery en colère répliquent au maire Labeaume

Choqués par les propos du maire à leur endroit, les membres d'un comité de citoyens de Sillery répliquent que la Ville consulte, mais n'écoute pas.
«Nous opposons aux propos dénigrants et insultants du maire un argumentaire bien documenté, complet et respectueux», lance Martine Tremblay, porte-parole du Comité de citoyens pour une densification respectueuse (CCDR). 
Le comité a été surpris mardi matin de prendre connaissance des déclarations du maire Régis Labeaume. Celui-ci, en marge du conseil municipal de lundi, a dénoncé l'intimidation dont font preuve certains citoyens de Sillery qui s'opposent à la construction de bâtiments au fort gabarit sur des terrains qui abritaient auparavant des maisons unifamiliales. Selon le maire, ils invectivent les conseillers municipaux, les entrepreneurs, les futurs acheteurs et les nouveaux voisins. «Je pense qu'on est dans une dérape totale, dans une fixation totale», avait-il dénoncé.
«Du travail d'amateur»
Des propos qui ont fait bondir les membres du CCDR. Martine Tremblay dit n'avoir jamais été témoin de tels gestes. Par ces propos provocants, le maire tente de masquer la faiblesse du règlement adopté lundi au conseil pour mieux encadrer ce type de développement sur tout le territoire, croit-elle.
«Le règlement déposé mardi, c'est du travail d'amateur, incomplet et bâclé. Le maire et son équipe consultent, mais ils n'écoutent jamais les citoyens. Cela les choque de voir que des citoyens sont plus instruits qu'eux. Alors ils se vengent par des propos méprisants au lieu de profiter de cette expertise citoyenne qui leur fait défaut.»
Elle a d'ailleurs eu vent du fait qu'un promoteur se réjouissait en disant que le règlement ne changerait rien à sa façon de faire et en ajoutant que «le maire est de notre bord». 
Mme Tremblay souligne que le comité n'est pas contre la densification, au contraire. C'est le manque d'harmonie avec le bâti existant qui est irritant, dit-elle. Le nouveau règlement n'encadre pas l'allure des nouvelles demeures. Celles-ci sont d'ailleurs hors de prix, limitant la possibilité des jeunes familles de s'établir à Sillery, déplore-t-elle. 
«Ils [le maire et son équipe] préfèrent dénigrer les citoyens au lieu de travailler avec nous pour qu'on arrive à développer nos quartiers tout en leur gardant leur cachet et leur accessibilité à la classe moyenne.»