Aucun constat d'infraction n'a été délivré. La Ville a préféré sensibiliser les amuseurs publics à l'importance de respecter la réglementation.

Des amuseurs publics dérangent

L'ardeur au travail des amuseurs publics s'exécutant sur la rue Saint-Jean leur a valu des plaintes de bruit cet été.
«Ils mettent de la sonorisation, de la musique avec des haut-parleurs. C'est fort. J'ai beaucoup de plaintes de résidents de la rue Saint-Jean actuellement», indique au Soleil Alain Samson, président du conseil de quartier Vieux-Québec-Cap-Blanc-Colline parlementaire. «On a des problèmes d'habitation et de logement sur la rue Saint-Jean. Ce n'est pas de nature à aider», ajoute le représentant des citoyens.
Rose-Marie Ayotte, porte-parole de la Ville de Québec, confirme que deux résidents de la rue Saint-Jean parlant au nom de leurs voisins ont contacté l'administration municipale à quelques reprises en juillet pour dénoncer le bruit causé par les amuseurs publics. 
La Ville, qui gère par règlement les permis d'amuseurs publics, a demandé à ses représentants sur le terrain de faire des vérifications. Des entorses aux heures d'utilisation des sites autorisés et au plafond de décibels ont été constatées. «Certains n'ont pas toujours respecté les heures. Ils n'arrêtent pas au moment où ils devraient le faire. Il y a aussi l'intensité sonore qui est trop élevée» dans certains cas, rapporte Mme Ayotte. 
Aucune amende
Aucun constat d'infraction - 271 $ incluant les frais pour une première offense - n'a été délivré. La Ville a préféré sensibiliser les amuseurs publics à l'importance de respecter la réglementation. Des suivis sont prévus. «On compte sur leur bonne collaboration.»
«Souvent, ce n'est pas du tout de la mauvaise foi. On ne remarque pas l'heure parce qu'il y a beaucoup de monde, il fait beau, les gens affluent. Les amuseurs continuent leur prestation. Le volume sonore augmente parce que, pour les mêmes raisons, il y a beaucoup de gens qui écoutent» et qui participent, explique Mme Ayotte. 
Pour les artistes de la rue, un dernier tour de chant ou une dernière cascade peut également faire la différence sur le revenu de la semaine. «Arrêter dans une vague, ça peut faire mal au coeur», comprend la porte-parole de la Ville. Celle-ci réitère néanmoins l'importance de se conformer aux règlements pour la quiétude des résidents et les bonnes affaires des commerçants. Même en cet été 2017 exceptionnellement couru à Québec. 
Il y a une cinquantaine de sites où les animateurs de rue peuvent se donner en spectacle à Québec. La plupart sont concentrés dans le Vieux-Québec, dont six sur la rue Saint-Jean. Pour tous les sites, les utilisateurs savent si l'amplification est permise ou pas. La permission peut varier en fonction des heures. L'équipement ne peut avoir plus de 30 watts de puissance et doit être vérifié par la Ville. Dans certains cas, il est même précisé qu'il ne faut pas utiliser de «saxophone, cornemuse et percussions». 
Sylvain Gagnon, percussionniste qui s'installe près des remparts, rue Saint-Jean, affirme avoir été lui-même la cible d'une plainte pour la première fois en sept ans. Il s'explique mal que ses courtes performances, qui durent de 20 à 30 minutes, puissent indisposer le voisinage à ce point. «Et les autres, le piano, le violon, c'est pas ça qui dérange», dit-il. 
M. Gagnon croit qu'il faut garder à l'esprit qu'«on est là pour amuser le monde, on donne un bon show». Il assure que les amuseurs publics connaissent bien le règlement de la Ville de Québec et sont disposés à le respecter.