Le règlement encadrant les projets de densification a été renforcé afin de protéger davantage les arbres.

Densification: les voisins et les arbres gagnent en importance

La Ville de Québec renforce la notion de voisinage et protège davantage les arbres dans la dernière version de son règlement encadrant les projets de densification.
Le règlement 2378, adopté par le conseil municipal lundi, vient remplacer le 2220, qui datait de 2014. Comme son prédécesseur, il oblige les propriétaires qui démolissent un immeuble pour mieux reconstruire à présenter un plan d'implantation et d'intégration architecturale (PIIA) afin d'assurer le respect du gabarit et du style des immeubles voisins. Tous les projets y sont désormais soumis : commerce ou maison, résidence unifamiliale comme édifice multilogements.
Le but de la mise à jour était d'éviter que des promoteurs immobiliers construisent une unité en bordure d'un terrain pour ensuite présenter une demande de lotissement et ainsi contourner les règles. 
Lors d'une consultation tenue le 7 novembre à l'hôtel de ville, des citoyens et le chef de l'opposition d'alors, Paul Shoiry, ont toutefois demandé à l'administration municipale d'aller encore plus loin, notamment en imposant des critères architecturaux aux nouvelles constructions et en restreignant l'abattage d'arbres. 
La Ville a finalement décidé d'élargir le périmètre auquel il faut référer pour déterminer l'alignement sur rue et la hauteur du rez-de-chaussée. Au lieu de tenir compte seulement des propriétés contiguës, le promoteur doit désormais inclure la maison en face et ses voisines. Une variation à la hausse ou à la baisse d'au plus 20 % est tolérée. 
«Cet élargissement de l'échelle de référence vise à assurer la conservation des attributs physiques et paysagers de la rue, en identifiant les caractéristiques du cadre bâti des deux côtés de celle-ci», peut-on lire dans la documentation remise aux élus. 
Bon pour Ottawa, bon pour Québec
La vice-présidente du comité exécutif et responsable des dossiers d'aménagement, Julie Lemieux, précise que c'est la façon de faire à Ottawa et qu'elle a été jugée bonne aussi pour Québec. 
Il faudra également tenir compte de ces «bâtiments de référence» pour l'harmonisation des matériaux et des couleurs de revêtement.
Quant à la végétation, la Ville de Québec veut non seulement en faire la promotion, mais protéger celle déjà existante. Le plan de localisation des arbres devra donc «identifier dorénavant non seulement les arbres sur le lot faisant l'objet d'une demande assujettie au règlement, mais aussi ceux qui se trouvent à trois mètres de la limite de ce lot». Il peut s'agir d'arbres municipaux ou de ceux des voisins, dont le système racinaire doit être protégé. 
«On privilégiait la plantation de nouveaux arbres, mais là, on y va plus pour la conservation de la végétation existante», souligne Mme Lemieux. 
Celle-ci résiste toujours à l'imposition de critères architecturaux précis «parce que ça devient plus subjectif». Elle assure toutefois qu'un suivi sera fait de la nouvelle réglementation et qu'elle pourrait être ajustée de nouveau si des écarts ou des ruses sont constatés sur le terrain.