Déneigement du 27 janvier: le maire blâme les entrepreneurs privés

Deux entrepreneurs privés de déneigement, Bé-Con et Hamel Construction, recevront chacun 3000$ d'amende pour les problèmes de déneigement qui ont forcé la fermeture de plusieurs côtes le 27 janvier. Et Régis Labeaume s'en prend particulièrement à Bé-Con dont il s'agit d'une troisième pénalité cet hiver. «Ils sont proches de la porte tant qu'à moi», a lancé le maire au moment de rendre public le rapport sur ce cafouillage routier au conseil municipal lundi soir.
Bé-Con en est à sa troisième pénalité cet hiver, a ragé le maire de Québec en point de presse avant la séance du conseil. Des pénalités «ridicules», juge-t-il. «C'est 3000 $. Ça va changer, on va augmenter les pénalités», a averti M. Labeaume. «Bé-Con, il faut qu'ils se replacent les idées parce que ça ne marchera plus.»
Le maire n'a toutefois pas commenté la nature des deux plaintes antérieures. «Les deux autres épisodes, je ne le sais pas. C'est celui-là qui m'intéresse», a tranché M. Labeaume.
Il a rappelé que, par le passé, la Ville a demandé de pouvoir exclure des appels d'offres un fournisseur qui «aurait fait du mauvais travail» même s'il est le plus bas soumissionnaire. «Je vais voir où en est la loi. En attendant, on est pris avec ça.»
Le maire a aussi montré du doigt la compagnie Hamel Construction. «Nos entrepreneurs l'ont complètement échappé», a-t-il lancé. Hamel en est toutefois à sa première infraction.
Ces deux firmes privées sont chargées du déneigement des côtes du centre-ville, dont les côtes d'Abraham, De Salaberry, Honoré-Mercier, de la Montagne, de Sillery, de la Potasse, Saint-Sacrement et Sherbrooke.
Le 27 janvier, la Ville de Québec a été complètement prise de court et paralysée malgré des précipitations d'une quinzaine de centimètres. Les côtes ont été fermées, causant des embouteillages monstres et des carambolages.
«Leur job est qu'il faut que la côte soit libérée. Ils l'ont échappé», a tranché le maire.
Malgré cette volée de bois vert aux entreprises privées, Régis Labeaume s'est adressé aux syndicats qui pourraient être tentés de blâmer le recours à la sous-traitance. «Je veux dire aux syndicats que si ça avait été en régie, ça aurait été la même affaire.»
Ville trop lente
Autrement, Régis Labeaume reconnaît aussi que la Ville de Québec a été trop lente à réagir. «Quand ç'a commencé, la Ville a sûrement perdu une à deux heures pour rétablir la situation. Tout le monde a travaillé en silos, un appelait pas l'autre, c'était un cafouillis.»
Dorénavant, la décision de lancer une opération déneigement pour une tempête sera gérée par Alain Thériault, directeur général adjoint à la coordination des arrondissements, comme le recommande un rapport réalisé par Jean-Pierre Verville, directeur de projet à la Sécurité publique. Ce bilan sur les conditions routières du 27 janvier a été dévoilé lundi.
Enfin, comme il l'avait fait au lendemain du 27 janvier, le maire a rappelé que les prévisions météo étaient mauvaises.
«Tout le monde s'est complètement trompé. Normalement, dans une tempête, il ne fait pas froid. Dans le fond, il y avait une tempête et personne ne s'en est aperçu. Il n'y a pas eu d'alerte de MétéoMédia ni d'Environnement Canada.»
Dès maintenant, «pour l'analyse de la météo, on va prendre nos spécialistes», a dit le maire.
M. Labeaume n'a toutefois pas voulu s'avancer pour dire si son administration mettra fin au contrat avec la firme EnviroMet, qui compile les données climatiques pour les fournir à la Ville. «Je ne dis rien pour l'instant, je vais me méfier des poursuites. On va voir.»