Au lendemain d'une matinée chaotique marquée par des congestions monstres et la fermeture de plusieurs côtes, le syndicat des cols bleus a soutenu que l'administration Labeaume veut économiser sur le déneigement et l'achat d'abrasif.

Déneigement chaotique : les cols bleus pointent les coupes

Les compressions dans le budget de la Ville affectent la qualité du déneigement, dénonce le syndicat des cols bleus. Faux, réplique le maire Régis Labeaume, selon qui il n'y a ni coupe ni limite à l'argent injecté pour enlever la neige.
<p>Dépenses pour le déneigement de la Ville de Québec</p>
«Ça fait longtemps que la Ville est dans les coupures par-dessus la tête et ça ne s'est pas amélioré, elle fait rien que couper», a lancé le président du syndicat des employés manuels, Daniel Simard. «Ça les a peut-être rattrapés.»
Au lendemain d'une matinée chaotique marquée par des congestions monstres et la fermeture de plusieurs côtes, lundi, M. Simard a soutenu que l'administration Labeaume veut économiser sur le déneigement et l'achat d'abrasif. Il se questionne aussi sur le recours croissant à des déneigeurs privés.
«Il faut qu'ils arrêtent de couper et qu'ils arrêtent de demander le meilleur prix parce qu'à un moment donné, le gars, il n'ira pas travailler pour rien», a-t-il affirmé.
«La sous-traitance est là, mais ils sont là pour faire de l'argent aussi», a poursuivi M. Simard, tout en lançant une pointe à ces entreprises chargées de certaines artères névralgiques du centre-ville.
«Toutes les côtes en haute ville sont données en sous-traitance. Et ils n'étaient pas là. Ils étaient en retard, ça fait que... c'est ça», a-t-il tranché.
Daniel Simard reconnaît toutefois que les conditions météorologiques de lundi étaient exceptionnelles. Mais il croit que la tendance est lourde et qu'elle commande la réflexion.
«La Ville, il faut qu'elle regarde dans le miroir où elle s'en va. Ce qui est arrivé là [lundi], on n'est pas à l'abri de le revivre», a-t-il dit.
Régis Labeaume rejette complètement cette interprétation financière, la qualifiant de «ridicule».
À un journaliste qui lui posait la question, il a répondu : «Ben non, ben non, ben non. On paie ce que ça coûte. La neige, plus il y en a, plus on paie. On ne coupe pas dans la neige, voyons, c'est ridicule!»
Si les sommes dépensées peuvent varier, c'est qu'elles reflètent la variation des prix des contrats accordés au privé et parce que les techniques de déneigement évoluent, a ajouté son porte-parole, Paul-Christian Nolin.
Il a donné l'exemple du ramassage de jour dans certains quartiers, qui permet une meilleure rotation de l'équipement. Les quantités de sel et de sable utilisées ont aussi diminué, car les techniques d'épandage ont gagné en précision et l'environnement s'en porte mieux.
Une compilation budgétaire effectuée par Le Soleil montre que les sommes réservées pour le déneigement des chaussées par les cols bleus ont généralement diminué dans les arrondissements entre 2010 et 2014. Cette baisse en régie a toutefois été absorbée par le recours au privé. Il a été impossible, mardi, de savoir si les dépenses réelles allaient dans le même sens.
La variation budgétaire la plus importante touche les années 2013 et 2014. Les prévisions globales (contrats et régie) des six arrondissements sont ainsi passées de 32,3 à 30,4 millions $, soit un écart négatif de 2 millions $. Il faudra voir à la fin de l'année si cette prévision s'est avérée juste. Selon les précipitations, Québec investit annuellement entre 50 et 60 millions $ en moyenne dans le déneigement. Une réserve pour les imprévus a aussi été constituée sous l'administration Labeaume.