Selon le Service de protection contre l’incendie de la Ville de Québec, c’est l’ingénieur de la compagnie d’assurance de l’entrepreneur et propriétaire de l’immeuble inoccupé qui a pris la décision de le détruire. La Ville l’a démoli avec sa pelle mécanique, aux frais du propriétaire.

Démolition d'un immeuble dans Saint-Sacrement: «C’est très perturbant»

Une pelle mécanique a démoli un immeuble qui menaçait de s’effondrer dans le quartier Saint-Sacrement, lundi après-midi. Mais pour Florence Breton, l’épreuve est loin d’être terminée.

Mme Breton habite le deuxième étage de l’immeuble voisin. Elle a été évacuée de son appartement par la sécurité civile une journée après l’affaissement du mur mitoyen entre les deux bâtiments, le 6 décembre, à la suite de travaux d’excavation.

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Lundi, elle a vu la pelle mécanique détruire l’immeuble inoccupé du 1467, Marie-Rollet. Mais ce qui l’attend après, elle l’ignore. «C’est très perturbant, tout ça, dit-elle. Ce qu’on ne sait pas, c’est : est-ce qu’on pourra réintégrer cet immeuble-là ou pas?»

Dans son immeuble, les «murs sont lézardés», décrit Florence Breton, qui craint que la démolition endommage encore plus son appartement et celui des propriétaires, qui habitent au premier étage. 

«Trop affaiblie»

Chose certaine, lundi, l’immeuble voisin a été jugé irrécupérable. «La structure était trop affaiblie pour pouvoir faire une reconstruction», dit Bill Noonan, porte-parole de Service de protection contre l’incendie de la Ville de Québec.  

Selon M. Noonan, c’est l’ingénieur de la compagnie d’assurance du propriétaire de l’immeuble qui a pris la décision de le détruire. La pelle mécanique a été demandée par la compagnie d'assurance. 

La semaine dernière, la Ville avait dû inspecter d’urgence l’immeuble. Des briques s’étaient détachées de la façade du bâtiment. 

Le Service de protection contre l’incendie, la Sécurité civile et un ingénieur de la Ville avaient dû se rendre sur place pour s’assurer que le bâtiment ne s’écroule pas. Ils avaient aussi fait élargir le périmètre de sécurité jusqu’au trottoir. 

C’était la deuxième fois que la Ville intervenait à cet endroit depuis l’affaissement du 7 décembre. L’ingénieur de la Ville avait demandé alors à l’entrepreneur qui possède l’immeuble d’effectuer des travaux pour solidifier la structure. Des poutres avaient été installées entre-temps. En vain

Évacués depuis un mois

L’évacuation à la suite de la menace d’effondrement du 1467, Marie-Rollet, s’est aussi révélée un calvaire pour les propriétaires de l’immeuble voisin, un couple d’octogénaires. «Ma mère m’appelle en larmes», disait la semaine dernière au Soleil leur fils, qui habite Toronto. «La compagnie d’assurance refuse d’aider ou de faire quoi que ce soit». 

Celui-ci affirmait que ses parents étaient contraints de vivre coincés dans un appartement beaucoup plus petit, au sein d’un autre immeuble à logements appartenant au propriétaire de l’immeuble démoli.

Avant d’être évacués, ses parents avaient commencé à être inquiets des répercussions des travaux menés chez leur voisin. Ils entendaient «des craquements, des bruits terribles» dans leur immeuble, disait leur fils. 

À travers sa mésaventure, Florence Breton dit avoir éprouvé beaucoup de compassion pour ceux qui vivent sans domicile fixe. «C’est plus perturbant que je ne le croyais de ne pas avoir de logis, dit-elle. [...] J’ai l’impression que ça affecte notre intégrité.»