La Ville de Québec a accordé un permis de démolition pour cette résidence du secteur Neufchâtel à Québec, qui a environ 300 ans et dont la valeur patrimoniale est cotée «bonne».

Démolition de la maison Pasquier: la ministre Roy n’interviendra pas

La ministre de la Culture Nathalie Roy n’interviendra pas pour empêcher la démolition de la Maison Pasquier. La Ville de Québec a accordé un permis de démolition pour cette résidence du secteur Neufchâtel à Québec, qui a environ 300 ans et dont la valeur patrimoniale est cotée «bonne».

«Cette maison-là, la mesure de protection dont elle pourrait jouir relève directement du municipal. C’est à la Ville de Québec de citer cette maison-là et de la protéger. Si la Ville de Québec l’avait fait, j’aurais pu lui donner 20 % pour les rénovations. La Ville n’a pas pris ses responsabilités», a déploré Mme Roy mercredi. 

Le sort réservé à cette maison, d’abord révélé par Québec Hebdo, inquiète Action patrimoine, qui considère que cette résidence est un témoin architectural de la Nouvelle-France.

Dans les pages du journal Le Devoir mercredi, de nombreux organismes liés à l’histoire et au patrimoine ont dénoncé le sort qui est réservé à cette résidence, habitée par la même famille pendant huit générations. 

Le cabinet de la ministre Roy précise que le rôle du ministère de la Culture est de «veiller à la protection des biens présentant un intérêt patrimonial à l’échelle nationale». La protection du patrimoine qui est d’intérêt local et régional est la responsabilité des municipalités, fait-on valoir. 

David O’Brien, porte-parole de la Ville de Québec, explique que la valeur patrimoniale de la Maison Pasquier n’était pas suffisante pour qu’elle soit protégée. «Dans sa Vision du patrimoine, la Ville s’est engagée à protéger les bâtiments présentant une valeur patrimoniale supérieure ou exceptionnelle. […] Or, la valeur patrimoniale de la Maison Pasquier n’était pas au classement supérieur ou exceptionnel, principalement à cause de son état d’authenticité et des différents travaux réalisés dans le passé», réagit-il par courriel. 

M. O’Brien ajoute que cette maison a «perdu tous ses éléments extérieurs d’origine au fil des ans : revêtement de toiture et de murs, portes et fenêtres, son ornementation et ses éléments en saillie». Ainsi, la Ville ne pouvait refuser la demande de démolition déposée par son propriétaire en août. 

La Ville de Québec poursuit la mise à jour de ses inventaires du patrimoine bâti en concentrant ses efforts sur les bâtiments qui ont le plus de valeur patrimoniale. M. O’Brien indique de plusieurs autres maisons situées dans le secteur de la Maison Pasquier datent de la même période et ont une valeur patrimoniale supérieure ou exceptionnelle. 

Il cite en exemple la Maison Allard, la Maison L’Heureux-Auclair et la Maison du Meunier.