Une maison patrimoniale de Beauport a croulé sous le pic des démolisseurs, mercredi. Un périmètre de sécurité a été érigé autour de la maison, avec un détour pour les véhicules.

Démolition compliquée d’une maison patrimoniale à Beauport

C’était enfin jour de démolition pour le 2376 avenue Royale, à Beauport. C’est que sa propriétaire, inquiète du mauvais état de la maison, se bat pour faire démolir l’endroit depuis plus d’un an. Pourquoi si long? Il s’agissait d’un bâtiment patrimonial, debout depuis 1905.

«Je vivais un grand stress, j’avais tellement peur que ça tombe. Je l’ai achetée il y a un an et je trouvais qu’elle se détériorait vraiment rapidement. C’est là que j’ai paniqué. J’ai demandé un permis de démolition à la Ville», explique l’agente d’immeuble Charlotte Bouchard, qui regardait la maison tomber mercredi, comme plusieurs autres citoyens du secteur.

Avant d’accepter un permis de démolition il y a un an, la Ville de Québec avait dirigé Mme Bouchard vers une demande de subvention, étant donné le statut patrimonial de l’endroit. Mme Bouchard avait droit aux subventions, la maison se trouvant dans le territoire d’application du programme d’aide financière qui est issu de l’Entente de développement culturel conclue entre la Ville et le gouvernement du Québec.

Après plusieurs mois, la propriétaire avait finalement eu une réponse positive. Mais en avril, quelques jours après avoir reçu la nouvelle, un bout de mur de la maison s’est effondré. Un voisin avait alors contacté la Sécurité publique.

«Je suis arrivée sur les lieux et j’étais découragée. C’est une question de sécurité! Je me suis choquée par rapport à ça. C’est là que j’ai embarqué la Sécurité publique là-dedans. Ils m’ont guidé et m’ont dit quoi faire, ils ont vraiment fait avancer les choses. Ça a pris un certain temps avant d’avoir le OK. Quand ce n’est pas logique, je suis une femme qui fonce. Le plus dur était de réussir à faire mettre la pelle dedans. Quand je suis venue il y a deux semaines et je voyais le mur carrément descendre, je me suis dit que c’était sûr que ça allait tomber», poursuit Mme Bouchard.

L’autorisation de démolition a finalement été donnée par le directeur du Service de protection contre l’incendie de la Ville de Québec, étant donné que le bâtiment présentait un risque d’effondrement imminent. L’inspecteur en prévention incendie de la Ville de Québec, Alexandre Lajoie, informait que trois bâtiments, cinq logements au total, avaient dû être évacués pour la durée de la démolition. Un périmètre de sécurité a été érigé toute la journée mercredi, avec un détour pour les véhicules. 

C’est la propriétaire qui assume tous les frais de démolition et qui s’est occupée d’engager l’entrepreneur. Jeudi, les débris seront ramassés. 

Mme Bouchard se dit maintenant soulagée de voir la maison détruite, elle regardait le spectacle avec un léger sourire. Elle peut enfin dormir en paix, sans craindre que d’autres parties s’effondrent. 

Ce n'est pas fini

Sur le même terrain, une autre petite maison a été construite, à l’arrière de la première. Elle aussi a le statut de patrimonial, et elle se trouve également dans un état discutable.

«Je n’ai pas le droit de construire une autre maison, parce que c’est une seule maison sur un terrain qui est permis. S’ils ne m’autorisent pas à démolir la deuxième, je ne peux rien faire. Ils m’ont dit de ne pas toucher à la petite maison dans les travaux d’aujourd’hui. J’ai fait la demande de démolition pour elle aussi, l’eau ramasse tout en dessous de la maison et la maison est en train de s’affaisser. Il faut que j’attende. Il n’y a vraiment rien de facile», déplore Mme Bouchard.