Le propriétaire de la maison Rodolphe-Audette, Jacques Laflamme, estime que tout a été fait pour restaurer la demeure centenaire. À sa gauche, le promoteur André Doyle.

Démolir la maison Rodolphe-Audette est la seule option, selon le proprio

Le propriétaire de la maison Rodolphe-Audette, que des citoyens de Lévis tentent de sauver de la démolition, estime que la vétusté très avancée de l'immeuble empêche toute rénovation. «Je les comprends, mais on est dans un cul-de-sac», explique Jacques Laflamme.
En entrevue au Soleil, flanqué du promoteur André Doyle, M. Laflamme est revenu sur ses multiples tentatives pour mettre en valeur la demeure construite en 1910. Six versions différentes ont été présentées à la Ville, mais il a fallu «se rendre à l'évidence» que la dégradation était à ce point importante qu'il ne servait à rien de pousser plus la réflexion.
Un rapport de la firme Servitech, publié en juin 2014, a démontré que la résidence, sise au 6410, rue Saint-Laurent, affiche un degré de vétusté de plus de 85 %. Les fondations et la charpente sont considérées comme irrécupérables. Le mur du côté ouest menace de s'affaisser.
«Trois ans plus tard, on doit frôler les 90 %, ça ne s'est sûrement pas amélioré, lance M. Laflamme. «Habituellement, à 50 %, il faut se poser de sérieuses questions [sur la pertinence de rénover]», croit M. Doyle.
Malgré des fenêtres placardées, les squatteurs parviennent à entrer.
Un autre rapport, celui de la firme EMS, publié en février 2014, est lui aussi formel. «Le bâtiment est vétuste et n'est pas récupérable, et nous ne recommandons aucune investigation ou analyse supplémentaire. Nous sommes d'avis que la seule solution judicieuse à mettre en place suivant l'analyse de l'état du bâtiment est la démolition.»
Jacques Laflamme s'est porté acquéreur de la maison en 2008, 10 ans après qu'un incendie l'eut endommagée. «Pendant toute cette période, elle a été laissée à l'abandon. On a essayé de faire quelque chose pour la sauver, mais la firme d'ingénieurs a indiqué que ce serait de l'argent gaspillé que de chercher à rénover. La maison est finie.» 
«Et même si on essayait de la restaurer, il n'y a pas une firme d'ingénieurs capable de garantir les travaux. On va où alors? [...] C'est beau l'émotion, mais à un moment donné, il y a aussi le rationnel», s'interroge M. Laflamme qui souhaite utiliser le terrain, évalué à 407 000 $, pour la construction de condos.
L'état de délabrement est devenu un problème de sécurité publique, selon le propriétaire.
Problèmes de sécurité
Détail non négligeable, l'état de délabrement de la maison entraîne des problèmes de sécurité. Des sacs de couchage et des seringues ont été trouvés à l'intérieur, signes de la présence de squatteurs. «Même en placardant les fenêtres, ils réussissent à entrer, déplorent les deux associés. C'est devenu une question de sécurité publique. C'est plein de trous à l'intérieur. C'est dangereux. S'il arrive un accident, qui va être tenu responsable?»
Le comité de démolition de la Ville de Lévis, qui avait déjà penché en faveur du propriétaire, il y a deux ans, doit rendre sa décision mercredi. Si les citoyens portent à nouveau la cause en appel, ce sera à la Municipalité de trancher la question. La Ville doit déposer le mois prochain son Programme particulier d'urbanisme (PPU) sur le Vieux-Lévis. Le sort de la demeure devrait être décidé à ce moment.
La demeure Rodolphe-Audette, du nom du cinquième président de la Banque Nationale, possède un caractère patrimonial, mais n'est pas classée monument historique. La cinquantaine de citoyens qui militent contre sa démolition souhaite son intégration dans un éventuel circuit touristique.