Au total, ce sont cinq des six officiers des pompiers de Shannon en poste lors de l’élection du nouveau conseil en novembre qui n’y sont maintenant plus.

Démissions et suspensions au Service de protection contre les incendies de Shannon

Les tensions ne sont pas résorbées au Service de protection contre les incendies de Shannon. En plus de trois démissions en deux mois chez les officiers, la Ville vient d’en suspendre deux autres et lance une enquête de harcèlement au travail. Le sujet fera même l’objet d’une séance extraordinaire du conseil jeudi soir.

La démission du chef Claude Langlois le 6 décembre n’était que la pointe de l’iceberg : au total, ce sont cinq des six officiers des pompiers de Shannon en poste lors de l’élection du nouveau conseil en novembre qui n’y sont maintenant plus. 

C’est justement un différend entre M. Langlois et le directeur général Gaétan Bussières qui avait mené à la démission du chef. M. Bussières avait alors accusé les officiers d’insubordination, de manque de loyauté et de désobéissance après une rencontre entre les pompiers et le nouveau conseil le 29 novembre. 

Sentiment antisyndical?

Un lieutenant avait démissionné en même temps que M. Langlois et, un peu avant les Fêtes, les 33 pompiers à temps partiel de la ville ont décidé de se syndiquer. 

À la fin du mois de janvier, le capitaine Éric Bouchard quittait à son tour puis, vendredi dernier, la Ville suspendait indéfiniment deux autres officiers, le capitaine Éric Arsenault et le lieutenant Marc Gagnon, ce dernier étant président de la section locale du Syndicat des pompiers du Québec. 

«Les deux lieutenants ont reçu des lettres d’huissier mentionnant qu’ils devaient retourner leur équipement», a confirmé au Soleil une source proche du dossier, qui se demande si cette décision ne pourrait pas être teintée d’un sentiment antisyndical.

Plaintes pour harcèlement

La Ville de Shannon a confirmé lundi avoir suspendu temporairement deux officiers de leurs fonctions et avoir entrepris une enquête de harcèlement au travail, ajoutant que cette enquête visait notamment des officiers en poste au sein du service de protection contre les incendies de même qu’un ancien membre de l’état-major du service ayant récemment démissionné.

La Ville a également déclaré que les dénonciations seraient nombreuses et proviendraient autant d’anciens pompiers que d’autres toujours en fonction. S’ajouteraient à ces plaintes pour harcèlement psychologique des allégations d’utilisation inappropriée de fonds publics et de production forcée de rapports officiels.

«L’obligation de la Ville est de prendre les moyens raisonnables pour, d’une part prévenir le harcèlement psychologique au travail et le faire cesser lorsqu’elle en a connaissance. La Ville de Shannon dispose d’un processus pour remédier au harcèlement le cas échéant», a mentionné le maire Mike-James Noonan, rappelant que la Ville appliquait une tolérance zéro en matière de harcèlement, ce qui faisait en sorte que les suspensions s’avéraient inévitables.

Un seul officier

Présentement, le seul officier des pompiers encore en poste est le directeur adjoint aux opérations Nicolas Proulx, qui seconde dans ses fonctions le nouveau chef des pompiers de Shannon, Émile McCarthy. Ce dernier avait auparavant été chef au soutien opérationnel à la direction du service de protection contre les incendies de la Ville de Québec de 1997 à 2008.

Le maire Noonan a déclaré que malgré les suspensions, le service de protection contre les incendies répondait toujours aux normes exigées pour les interventions sur le territoire. «La Ville compte sur la collaboration des services de protection contre les incendies de la base militaire de Valcartier et des villes limitrophes de Saint-Gabriel-de-Valcartier et Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier avec qui les litiges présents dans le passé se sont résorbés depuis la démission récente de l’ex-directeur de la sécurité publique de Shannon», a-t-il conclu.

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LA PAGE FACEBOOK GÉRÉE PAR LES SAPEURS SUPPRIMÉE

Signe que les relations ne sont pas nécessairement au beau fixe entre la Ville de Shannon et ses pompiers, la Ville a annoncé récemment la fermeture de la page Facebook du Service des incendies de Shannon qui était gérée par ses pompiers. 

«La Ville de Shannon souhaite informer ses citoyens ainsi que les abonnés de cette page qu’à compter du 25 janvier 2018, les publications concernant le service des incendies de Shannon seront diffusées à partir de la page Facebook de la Ville de Shannon», pouvait-on encore lire lundi sur la page en question. 

La Ville y indique aussi que la page Facebook du service des incendies sera supprimée dans un délai de 14 jours à partir du 25 janvier en plus de remercier les membres du service des incendies pour leurs bons et loyaux services envers la population .

La décision n’a pas manqué de susciter des réactions. Sur la page Facebook Transparence Shannon, l’ex-chef des pompiers Claude Langlois y est allé de son analyse de la décision, qu’il assimile à du contrôle de l’information par l’administration municipale.

«Il y a déjà quelques semaines, les autorités de la ville ont décidé de fermer le site FB du service des incendies. Les raisons invoquées sont purement politiques. Le but réel est définitivement un contrôle sur l’information véhiculée à la population», écrit M. Langlois.

«Aucune plainte n’a été enregistrée pour ce site, au contraire, il était apprécié des intervenants en incendie et aussi des citoyens de Shannon. Déplorable décision venant d’élus municipaux. Donc, peut-on savoir la vraie raison, surtout que le site a été fermé par un conseil qui a été assermenté il y a trois mois?» conclut l’ancien chef.