Un comité consultatif a été mis sur pied par le CIUSSS pour scénariser la mutation de L’Hôtel-Dieu de Québec.

Déménagement de L’Hôtel-Dieu: des bâtiments menacés

EXCLUSIF / Le complexe hospitalier de L’Hôtel-Dieu compte une quinzaine de bâtiments dans le Vieux-Québec. Et il est loin d’être acquis qu’ils seront tous occupés après le départ des malades et des équipes de soins vers le mégahôpital en construction sur le site de l’Enfant-Jésus.

Certains risquent d’être écartés des plans quand viendra le temps d’offrir une nouvelle vocation à l’institution du Vieux-Québec dont les occupants déménageront à partir de 2020, prévient René Bouchard, directeur adjoint des communications du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux. En entrevue avec Le Soleil, il est clair : des immeubles pourraient est classés «excédentaires».

Un comité consultatif a été mis sur pied par le CIUSSS pour scénariser la mutation de l’hôpital. Et ce comité a décidé de changer de perspective. Au lieu de prendre la liste des édifices puis de chercher comment occuper tous les pieds carrés, les membres ont choisi d’évaluer, dans un premier temps, les besoins de la population du Vieux-Québec et de la région. «À partir de ce moment-là, ça va nous permettre de déterminer […] qu’est-ce qu’on a besoin pour offrir ces services-là.»

«Plutôt que de partir de chacun des bâtiments et dire : “Qu’est-ce qu’on pourrait entrer à l’intérieur de celui-là, qu’est-ce qu’on pourrait faire dans celui-là”», poursuit M. Bouchard. «Évaluons nos services, évaluons nos besoins, déterminons c’est quoi les espaces qui sont requis, les espaces dont on a besoin, et ceux qui ne sont pas pertinents.»

«À l’heure actuelle, il n’y a pas de scénario d’établi», note-t-il cependant. «La place est là pour la réflexion.»

Notre interlocuteur n’est donc pas en mesure de dire, par exemple, si les étages supérieurs de la tour principale de l’hôpital, plus moderne, seront démolis; un scénario évoqué par l’ancien gouvernement libéral. «L’évaluation de savoir si la tour est maintenue ou pas fait partie du mandat qui nous a été confié.»

Autour de la table du comité-conseil se trouvent : le CIUSSS, le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHU), l’Institut de cardiologie, la Santé publique, la Ville, l’Université Laval, le ministère de la Santé et les Augustines. La Société québécoise des infrastructures collabore. «Tout le monde est à pied d’œuvre pour identifier les services qui vont être offerts.»

À lire les noms des participants à la discussion, on comprend qu’il y aura des soins de santé à L’Hôtel-Dieu. Aussi, des bureaux administratifs. «Une mission universitaire qui est importante» également, convient René Bouchard. Mais, outre ces grandes lignes, la feuille demeure blanche.

«C’est un chantier important, c’est un chantier majeur», s’enthousiasme-t-il. «On a une opportunité sans précédent de pouvoir définir les soins et les services de santé pour les générations futures.»

Scénario dévoilé en 2019

L’ancien gouvernement libéral avait promis que le plan d’avenir en rédaction serait dévoilé avant la fin 2018. Ce sera plus long, avertit M. Bouchard. En cours de route, le mandat confié au comité-conseil a été élargi. Le rapport sera plus détaillé que prévu initialement.

«On s’attend de déposer quelque chose en 2019. Je ne peux pas vous dire à quel moment, mais c’est évident qu’en 2019 il y aura des réponses sur les scénarios qui seront déposés.

Et les Nouvelles-Casernes?

Et les Nouvelles-Casernes en rénovation en face de l’hôpital, auront-elles un rôle à jouer? La structure historique n’est pas dans la liste des immeubles évalués par le CIUSSS dans le cadre du mandat de transformation de L’Hôtel-Dieu. Seules les bâtisses appartenant déjà à l’hôpital y figurent.

Par contre, des discussions ont eu lieu avec la Commission de la capitale nationale du Québec pour évaluer si le réseau de la santé pourrait participer à la recherche d’une vocation aussi pour les Nouvelles-Casernes. «Mais c’est un dossier totalement à part.»