Située sous le pont ferroviaire de Cap-Rouge, Anacolor fait de la peinture de pièce métallique depuis 40 ans. Cependant, à la suite d'une augmentation de la production, à la fin de 2012, le voisinage a multiplié les plaintes à l'Environnement, qui a documenté plusieurs infractions aux normes pour la qualité de l'air.

Demande d'injonction contre Anacolor

Des citoyens de Cap-Rouge ont déposé mardi une demande d'injonction contre Anacolor afin de forcer l'entreprise à réduire sa pollution et à respecter les conditions que lui impose le ministère de l'Environnement.
L'usine, située sous le pont ferroviaire de Cap-Rouge, a fait l'objet de nombreuses plaintes de citoyens à cause des odeurs de peinture que ses activités dégagent. Elle s'est fait imposer de réduire de 90 % ses émanations de composés organiques volatils - ou COV, qui sont des solvants à peinture, essentiellement - avant le 1er février prochain, mais elle avait jusqu'au 1er décembre pour expliquer dans le détail au ministère de l'Environnement comment elle compte y parvenir, ce qu'elle n'a pas fait, plaide Anne-Julie Asselin, l'avocate qui pilote cette demande d'injonction.
Rappelons toutefois qu'Anacolor conteste ces obligations devant les tribunaux.
Mais de toute manière, ajoute Mme Asselin, «on sait que des normes sont toujours dépassées parce que les odeurs sont toujours présentes, les fumées sont toujours visibles. [...] Anacolor nous répond qu'elle a remplacé un COV normé par un autre COV [pour lequel il n'existe pas de norme d'émission], mais la Loi sur la qualité de l'environnement dit bien que tout rejet de contaminant qui est susceptible de porter atteinte à la santé ou au bien-être est prohibé. Donc si les odeurs continuent, il continue d'y avoir violation de la LQE.»
Les deux citoyens de Cap-Rouge qui sont à l'origine de la démarche, Patrick Martel et Louis Beaupré, demandent donc à la Cour supérieure d'ordonner à Anacolor «de cesser le rejet dans l'air ambiant de composés organiques volatils odorants [... et] de se conformer aux conditions prévues à son certificat d'autorisation».
Pas notre travail, dit la Commission scolaire
Par ailleurs, la commission scolaire des Découvreurs a indiqué mercredi, par voie de communiqué, qu'il n'appartenait pas aux enseignantes de l'école Marguerite-d'Youville de déterminer si les odeurs de peinture justifient que l'on fasse rentrer les enfants. La CS réagissait ainsi à l'avis diffusé la semaine dernière par la Santé publique, qui recommandait à l'école et au CPE Polichinelle, non loin de là, de ne pas garder les enfants à l'extérieur quand les odeurs de peinture se font persistantes.
«Tous les employés demeureront vigilants mais il n'est pas question de remettre sur les épaules du personnel la responsabilité d'apprécier le niveau d'inconfort pouvant résulter des émanations de l'usine et d'agir en conséquence en vue de protéger les enfants», a déclaré le président de la CS, Alain Fortier.