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Régis Labeaume et Maurice Tangay lors d'un gala de boxe en 2009.
Régis Labeaume et Maurice Tangay lors d'un gala de boxe en 2009.

Décès de Maurice Tanguay: «C’est un gars que j’aimais»

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
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Tantôt drôle, tantôt émouvant, le maire de Québec a rendu vendredi un hommage senti envers l’homme d’affaires et philanthrope Maurice Tanguay, qu’il admirait pour son empathie et sa générosité.

«C’est un gars à qui j’ai confié des choses et qui avait toujours le mot juste. Régis Labeaume se souvient avec émotion des moments passés avec Maurice Tanguay, décédé jeudi à l’âge de 87 ans. À titre personnel, le maire a bénéficié de ses conseils. Ça n’a pas toujours bien été en politique. Il arrivait à te convaincre de mettre derrière toi les moments plus difficiles et que les gens t’aimaient quand même malgré tout ce qui se dit», témoigne-t-il.

Mais surtout, le maire reste impressionné de l’amour que le défunt portait à ses semblables. «C’est un gars que j’aimais et que j’admirais. Son empathie et sa générosité m’ont toujours marqué […] Il y avait la partie publique de la Fondation Maurice Tanguay et il y avait la partie privée. Ils [la famille Tanguay] ont aidé des milliers de personnes sans que tout le monde le sache. J’ai été témoin d’opérations menées par Maurice et Jacques [son fils] pour aider un enfant qui avait besoin d’un médicament spécial, d’une opération spéciale. Faire des téléphones pour ramasser de l’argent. Il a eu beaucoup de succès en affaires. Il était très brillant. Mais l’argent n’était pas sa motivation profonde. Il en avait beaucoup, mais il a beaucoup donné», estime M. Labeaume.

La passion du sport

Les Tanguay ont ramené les Remparts à Québec et ont participé au Rouge et Or Football. Mais «l’enfant chéri» de Maurice Tanguay reste le club de hockey de Rimouski.

«Si tant que le Bon Dieu existe, Maurice doit déjà travailler à en faire un partisan de l’Océanic et du Rouge et Or, rigole le maire. Être témoin d’un match des Remparts contre l’Océanic avec la famille Tanguay, c’était tout un show, se remémore-t-il. Maurice me disait : “Comment ça que les gens de Québec huent l’Océanic ?” Je lui ai dit que j’allais faire voter un nouveau règlement et qu’il ne sera plus possible de huer l’Océanic au Centre Vidéotron», relate M. Labeaume, qui portait vendredi un gilet de l’Océanic offert par M. Tanguay. «C’est juste pour aujourd’hui», a-t-il blagué.

Le maire a vu M. Tanguay une dernière fois à l’automne. Ils ont discuté sport et politique. Même si l’octogénaire était physiquement diminué, il avait toute sa tête. Vendredi, le maire avait un message à livrer à la famille.

«Ce qu’il vous a transmis comme valeur, c’est important, soutient-il, se disant convaincu que ses enfants et petits-enfants allaient poursuivre son œuvre. Il y a un guide qui a transmis les valeurs. Et c’est Maurice Tanguay, un petit gars de Saint-Philémon. Tu nous manques déjà.»

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Maurice Tanguay : un homme inspirant

Inspirant. C’est le mot utilisé par les représentants des chambres de commerce de Lévis et de Québec pour décrire Maurice Tanguay, décédé jeudi à l’âge de 87 ans.

«M. Tanguay a inspiré toute une génération de femmes et d’hommes d’affaires», a mentionné M. Steeve Lavoie, président et chef de la direction de la chambre de commerce et de l’industrie de Québec (CCIQ). «Et pas juste par son sens des affaires qui lui a permis de monter une belle business, mais aussi par toute ses implications au niveau de la philanthropie et des sports et par son esprit de famille.»

«Ce que je retiens surtout de M. Tanguay, que je ne connaissais pas personnellement, c’est comment il a été une grande source d’inspiration pour la communauté» a indiqué Mme Marie-Josée Morency, vice-présidente exécutive et directrice générale de la chambre de commerce de Lévis. «Plusieurs femmes et hommes d’affaires se sont inspirés de lui justement pour allier la philanthropie et leur implication dans le monde des affaires. Je crois que c’est un modèle à suivre.»

Le président et chef de la direction de la CCIQ a décrit M. Maurice Tanguay comme un homme qui faisait l’unanimité au sein de la communauté des affaires et qui ne semblait pas avoir d’ennemis. Il a ajouté que cette unanimité, il la faisait sur plusieurs fronts ce qui donnait encore plus de lustre à toutes ses réalisations. «C’est un riche héritage qu’il laisse derrière lui.»

Mme Morency a mentionné que M Tanguay avait non seulement donné un bel héritage à la communauté des affaires, mais qu’il avait aussi laisser une empreinte indéniable dans la Ville de Lévis, où il résidait, mais aussi dans toute la région de Chaudière-Appalaches. Elle a rappelé que le premier magasin Ameublements Tanguay avait été ouvert à Lévis et que la famille Tanguay y était propriétaires de projets immobiliers.

«C’est pour cette raison que l’on tenait, ce matin au nom de l’ensemble de nos membres et de la communauté d’affaires, à vraiment souligner son grand apport dans la communauté de Lévis de Chaudière-Appalaches. On a fait un post en ce sens, dans lequel on a évidemment offert nous condoléances à la famille de M. Tanguay».

Aussi impliqué dans la communauté

Tant Mme Morency que M. Lavoie ont souligné l’implication de M. Maurice Tanguay dans la communauté. Le président et chef de la direction de la CCIQ a raconté qu’il étudiait à Rimouski quand l’Océanic y était arrivé en 1995.

«L’Océanic représente bien ce que M. Tanguay était et la manière dont il voulait laisser sa marque. C’était un rassembleur et les régions étaient importantes à ses yeux comme l’était de faire des activités en famille. L’Océanic est un projet de région. Et on voit beaucoup de familles avec leurs enfants aux matchs de l’équipe. Pas juste des amateurs de hockey.»

C’est aussi à travers sa fondation dédiée aux enfants malades et à son esprit de philanthropie que M. Maurice Tanguay avait fait sa marque. Mme Morency indiqué que M. Tanguay s’était aussi impliqué au niveau de la Fondation de l’Hôtel-Dieu de Lévis.

«C’était un homme vraiment très généreux de ce que j’ai vu et de ce que j’ai appris. Et je crois que sa famille est toujours très impliquée à Lévis. Mais M. Tanguay ne cherchait pas nécessairement à ce que l’on sache tous les gens et les organismes qu’il aidait. Même s’il en faisait beaucoup et qu’il supportait énormément son milieu, il préférait demeurer dans l’ombre. C’est un homme pour qui la philanthropie était très importante. C’était dans sa nature d’être généreux. Et c’est important qu’on lui rende hommage.»

«On parle aujourd’hui beaucoup plus de l’homme, celui qui avait un grand cœur, que de l’homme d’affaires», a conclu M. Lavoie. «C’est parce que sa marque, il ne l’a pas seulement laissé dans le monde des affaires, il l’a laissé dans le monde tout court. Et ce qui rejaillit c’est toute l’inspiration qu’il a emmenée.» / Jean-François Tardif