Ralph Mercier a été maire de l’ancienne ville de Charlesbourg de 1984 à 2001. Par la suite, il a été entre autres conseiller municipal de la ville de Québec fusionnée de 2002 à 2009.

Décès de l'ancien maire de Charlesbourg Ralph Mercier

Un autre témoin de la vie municipale d’avant les fusions de 2002 s’est éteint jeudi. Ralph Mercier, qui a été maire de Charlesbourg pendant 17 ans, a rendu l’âme le jour même de son anniversaire. D’anciens collègues se souviennent.

«Ça fait bizarre d’apprendre le décès d’un homme avec qui j’ai travaillé pendant 20 ans. Il faut le dire : c’était un ami.» L’ancien maire de Beauport, Jacques Langlois, garde d’excellents souvenirs du défunt avec qui il a toujours fait équipe. 

«On a été élu la même journée aux élections de 1984. On a travaillé beaucoup ensemble parce qu’on avait des villes qui se ressemblaient. On a développé une belle complicité et on défendait les intérêts de nos villes contre la ville centre [Québec] et on essayait de faire nos luttes ensemble», se rappelle-t-il.

M. Mercier a été maire de l’ancienne ville de Charlesbourg de 1984 à 2001. Par la suite, il a été conseiller municipal de la ville de Québec fusionnée de 2002 à 2009, chef de l’opposition officielle à Québec et président de l’arrondissement de Charlesbourg de 2002 à 2005 et vice-président du comité exécutif de 2005 à 2007. 

Parmi les batailles épiques, M. Langlois se souvient de celle menée contre la Loi sur les fusions municipales du gouvernement de Lucien Bouchard. «Nous formions un trio, Ralph, Andrée [P. Boucher, ex-mairesse de Sainte-Foy] et moi. Je retiens que c’était un gars calme et sage alors qu’André et moi avions des tempéraments plus bouillants. Parfois, il nous ramenait», lance-t-il.

Malgré son calme, M. Mercier a critiqué avec ardeur et conviction le gouvernement Bouchard, à l’origine de la loi controversée. «C’est le projet le plus antidémocratique du siècle et la réforme la plus importante que Québec ait connue depuis la Révolution tranquille», avait confié M. Mercier au Soleil en 2000.

À ce trio, on peut même ajouter un quatrième joueur : l’ancien maire de Sillery de 1990 à 2001, Paul Shoiry. «Quand un ancien compagnon d’armes nous quitte, ça fait quelque chose», laisse tomber celui qui a aussi été conseiller municipal de la ville fusionnée jusqu’en 2009.

M. Shoiry garde en mémoire l’image d’un homme qui a marqué la politique municipale de l’agglomération de Québec. «Ralph était une figure très connue et influente. C’était un leader et un homme très gentil, affable. Ce qui m’a marqué le plus c’est qu’il n’aimait pas les conflits et qu’il cherchait toujours des compromis. Il était toujours de bons conseils. Il aimait négocier et trouver des solutions.»

Un homme impliqué

De son côté, M. Langlois a travaillé avec M. Mercier jusqu’à son retrait de la vie politique en 2005. À son tour, M. Mercier se retirait en 2009. «Après les fusions de 2002, on s’est retrouvé, moi, comme chef de l’opposition, et lui, qui était mon bras droit. Notre association continuait.»

L’ancien maire de Beauport retient surtout l’implication de son homologue durant tant d’années. «Il a tellement donné à sa municipalité. Autrefois, on travaillait pour les citoyens plus que pour la Ville. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que c’est l’inverse», se désole-t-il.

Dans un communiqué, la Ville de Québec et le maire Régis Labeaume ont offert leurs condoléances à la famille et aux proches de M. Mercier. «Le décès de Ralph Mercier nous attriste profondément. La région de Québec perd un de ses bâtisseurs, un homme politique qui a toujours eu à cœur la qualité de vie des citoyens de Charlesbourg, a souligné Régis Labeaume. Même après son départ de la politique, Ralph Mercier a continué à s’engager dans sa communauté et auprès des élus de l’arrondissement. Il aura marqué l’histoire de notre ville.»